SCÈNE VIII. — Les précédents, UN TABELLION
M. DE VERSAC. — Mets-toi là, monsieur le Tabellion, et îais-nous un bon contrat, si tu en sais faire; n'oublie pas de parler de la dot.
MORIN. — Vous savez ce que je vous ai dit, monsieur de Versac; je ne délivre la dot que dans trois ans, si je le peux encore; j'en ferai rente jusqu'à ce temps, puisque de tout ce que je possède, rien n'est encore absolument à moi.
, M. DE VERSAC. — Hé, oui ! hé, oui 1 vous nous avez déjà dit cela.
MORINVILLE. — Hé, morbleu ! mon père, où allez-vous songer?
MORiN. — C'est que tout ce bien-ci provenant d'une somme considérable que j'ai trouvée....
MORINVILLE. — Oui , il v a mille ans.
MORIN. — Il n'y a pas le temps prescrit, et tout ceci ne m'appartient que dans le temps prescrit.
LA MORINIÈRE. — Hé bien, la prescription est formelle après trente ans, entre âgés et non privilégiés, article 7 de la coutume de Paris, folio 11, verso 12, édition de Rouen. Mais qu'est-ce que tout cela dit? ce bien-ci est bien à vous.
MORINVILLE. — Et à nous ensuite, après.... après....
MORiN. — Après ma mort.
M. DE VERSAC. — ÉcrivBZ, écrivez.
LA MORINIÈRE. — Il seroit bien étonnant qu'après vingt-sept ans....
MORiN. — Mon fils, j'ai assez vécu pour que rien ne me surprenne.
LA MORINIÈRE.— Écrivez; je suis aussi sûr qu'il ne viendra personne....
M. DE VERSAC— Quo je suis sûr, moi, que mon contrat va être fait ce soir. Allons, écrivez.
LA MORINIÈRE. — Écrivez, écrivGz.