SCENE IV. — FÉLIX, MORINVILLE
MORINVILLE. — Tiens, Félix, voilà ton engagement, tu n'as plus au'à le signer.
FÉLIX. — Pourquoi signer? La parole en pareil cas ne vaut-elle pas mieux que la signature?
MORINVILLE. — NOU.
FÉLIX. — Non! ne t'ai-je pas dit que je servirois dans ton régiment dans la compagnie où tu es, quelques années à ma volonté, et que peut-être y resterois-je toujours, voilà mon mot; cela suffit, je crois.
MORiN\aLLE. — Oui, avoc moi, je te connois, je n'ai pas besoin de ton billet; mais il faut que je le présente à l'état-major, et cela est indispensable.
FÉLIX. — Allons . soit.
MORINVILLE. — Tieus, signe là : c'est bien; voici trois louis pour boire à la santé du roi.
FÉLIX. — Garde tes trois louis, je n'en ai pas besoin pour désirer qu'il se porte bien.
MORINVILLE. — Allons, je te les donnerai au régiment.
FÉLIX. — Je pars demain au point du jour.
MORINVILLE. — Tu fais bien , et le parti que tu prends est le meilleur : élevé ici comme tu sais, tu ne devois jamais trouver à t'y établir.
FÉLIX. — Est-ce que tu penses ainsi, toi?
MORINVILLE. — Non.
i'ÉLïX. — H6 bien! t<ais-1oi donc.
MORiNvnxE. — Sais-tu qu'à présent, tu es mon soldat, et quîl faut que tu me respectes comme ton officier?
FÉLIX. "Va, au régiment, je forai ce que je dois faire; donne-moi le billet qui doit ra'enseigner la route.
MORiNviLLE. — Le voilà.
FÉLIX. — Adieu.