‹ Œuvres choisiesChapitre 35 sur 454 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

LA TANTE. — Mon frère, je suis très en colère; vohs gronderez après, si vous voulez.

M. VANDERK PÈRE. — J'ai tout ileu d'être fâclié contre vous.

LA TANTE. — Et moi contre votre fils.

M. VANDERK PÈRE. — J'ai cru quG les droits du sang n'admettoieni point de ces ménagements, et qu'un frère....

LA TANTE. — Et moi , qu'unc sœur comme moi mérite de certains égards.

M. VANDERK PÈRE.— Quoi ! VOUS aurait-on manqué en quelque chose?

i\ TANTE. — Oui, sans doute.

M. VANDERK PÈRE. — Qui?

LA TANTE. — Votre fils.

M. VANDERK PÈRE. — Mou filsl Et quaud peut-il vous avoir désobligée?

LA TANTE. — A l'Instant.

M. VANDERK PÈRE. — A l'iustant !

LA TANTE. — Oui, mon frère, à l'instant : il est bien singulier que mon neveu, qui doit me donner la main aujourd'hui, ne soit pas ici, et qu'il sorte.

M. VANDERK PÈRE. — Il est sorti pour une affaire indispensable.

La tante. — Indispensable, indispensable! votre sang-froid me tue ; il faut me le trouver mort ou vif; c'est lui qui me donne la main.

M. VANDERK PÈRE. — Je comptc VOUS la donner, s'il le faut.

LA TANTE. — Vous? Au reste je le veux bien, vous me ferez honneur. Oh! çà, mon frère, parlons raison : il n'y a point de choses que je n'aie imaginées pour mon neveu, quoiqu'il soit malhonnête à lui d'être sorti. Il y a près mon château, ou plutôt près du vôtre, et je vous en rends grâces, il y a un certain fief qui a été enlevé à la famille en 1573, mais il n'est pas rachetable.

M. VANDERK PÈBE. — Soit.

LA TANTE. — C'est un abus; mais c'est fâcheux.

M. VANDERK PÈRE. — Cela peut être : allons rejoindre....

LA TANTE. — Nous avons Is tcmps. Il faut repeindre les vitraux de la chapelle; cela vous étonne?

M. VANDERK PÈRE. — Nous parlerons de cela.

LA TANTE. — C'est quo les armoiries sont écarlelées d'Aragon, et que le lambel....

M. VANDERK PÈRE. — Ma sœur, vous ne partez pas aujourd'hui?

LA TANTE. — NoD, je VOUS assure. v

M. VANDERK PÈRE. — Hé bien 1 nous en parle^pns demain.

LA TANTE. — C'est que cette nuit j'ai arrangé pour votre fils, j'ai arrangé des choses étonnantes : il est aimable, il est aimable! Nous avons dans la province la plus riche héritière; c'est une Cramont- Ballière de la tour d'Argor ; vous savez ce que c'est : elle est même parente de votre femme; votre fils l'épouse, j'en fais mon affaire : vous ne paroîtrez pas, vous; je le propose, je le marie, il ira à l'année, et moi je reste avec sa femme, avec ma nièce, et j'élève ses enfants.

M. VANDERK PÈRE. — Eh, ma sœur !

LA TANTE. — Ce sont les vôtres, mon frère.

M. VANDERK PÈRE. — Entrons dans le salon, sans doute on nous y attend.

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