SCÈNE VIII. — LE COMTE DE GARIN
ARIETTE
Il est vainqueur, et la victoire Couronne son premier combat.
Et mes vieux ans vont, de sa gloire, Recevoir un nouvel éclat.
11 n'est qu'une âme paternelle Qui conçoive tout mon bonheur, Car ce triomphe me révèle Ce que va lui dicter l'honneur.
Quand au tombeau j'irai descendre.
Content, je fermerai les yeux; Je laisse survivre à ma cendre Un fils digne de mes aïeux.
1] est vaiQijueur) etc.
292 AUCASSIN ET NICOLETTE.
SCÈNE IX. — GARINS, comte ue beaucaire, AUCASSIN, BONGARS, COMTE DE VALENCE, LE VICOMTE. La suite du vainqueur et du vaincu ; des soldats portent les armes du comte de Valence
AUCASSIN.
Ah, mon père! je vous revois; Voici votre ennemi.
LE COMTE DE GARINS
Le comte?
• AUCASSIN.
• Qu'il approche.
LE COMTE DE GARINS
Quoi, barbare!
AUCASSIN.
Non, non, laissons là tout reproche; Vainqueurs, usons mieux de nos droits.
Songez plutôt, mon père, à tenir la parole Dont envers votre fils vous vous êtes lié.
LE COMTE DE GARINS
Que dites-vous?
AUCASSIN.
Quoi donc! l'auriez- vous oublié.
Mon père, ou cherchez-vous un prétexte frivole? Quoi! ne m'avez-vous pas promis, A l'instant que j'ai pris les armes Pour faire cesser nos alarmes, Que si le ciel ramenoit votre fils Vainqueur, il verroit son amie.
Sa Nicolette tant chérie; Que je pourrois, et dans ce même lieu La voir et l'embrasser en lui disant adieu?
LE COMTE DE GARINS
Non, mon fils, non, ce seroit un supphce ^our votre père, et si dans ce moment EDe étoit là, peut-être, vous présent, J'ordonnerois qu'une prompte justice....
Quoi , vous me refusez !
LE COMTE DE GARINS
Oui, sans doute.
AUCASSIN.
Il suffit.
Ainsi donc, oubliant tout ce qui vous engage.... Comte, n'ètes-vous pas un de mes prisonniers?
LE COMTE DE BONGARS
Oui, certes.
AUCASSIN. *
Drnncziiioi votre main.