‹ Œuvres choisiesChapitre 369 sur 454 · ACTE I, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IX

LE COMTE DE BONGARS

Volontiers.

AUCASSIN.

De votre fol cette main est le gage, Et j'exige de vous que vous accomplirez Ce que je vous dirai de faire; Jurez-le-moi, jurez, jurez!

LE COMTE DE BONGARS

Oui , s'il n'est rien à mon honneur contraire.

AUCASSIN.

Non. Jurez que toutes les fois

Qu'il vous prendra la fantaisie De chagriner nos jours, de troubler notre vie En ravageant nos champs, en détruisant nos bois. Vous le ferez.

LE COMTE DE GARI5S, Ô part.

0 ciel !

LE COMTE DE BONGARS

Beau sire, je vous prie, De ne point employer cette amère ironie; Je suis même surpris qu'elle s'adresse à moi.

AUCASSIN.

Non, je le veux ainsi,

LE COMTE DE BONGARS

Vous pouvez me prescrire Une rançon ; quelle que soit la loi Que vous ferez, je suis prêt d'y souscrire.

AUCASSIN.

Non, non, je ne veux rien de vous, Point de rançon; mais je demande Que vous repreniez contre nous Les armes qu'à l'instant j'ordonne qu'on vous rende.

LE COMTE DE GARINS

Cruel !

LE COMTE DE BONGARS

J'assurerai tout ce qu'il vous plaira (Je voyois cependant la guerre terminée); Mais quand je le pourrai, mon bras s'y soumettra, Ma parole vous est donnée.

AUCASSIN.

Je la reçois; allez, rendez-lui son coursier,

Et sa lance, et son bouclier; Qu'il s'en aille, il est libre, il peut faire la guerre Au gré de mes désirs, et seconder mes vœux :

Il est à moi votre adversaire,

J'en peux faire ce que je veux

^ un rend au comte de Bongars sa lance, son bouclier, et il sort.)

AUCASSIN ET NICOLETTE.

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