ACTE II, SCÈNE II
Étoit de inôme force en ton âme plus fièife, l'oiiriûis-tu me tenir un semblable discours?
C'est que pour ton bonheur le mien se sac fie; Quelle que soit ta tendresse pour moi, Mon Aucassin, je la défie De pouvoir égaler celle que j'ai pour toi.
AUCASSIN.
Non, ma Nicolette, je t'aime Mille fois plus que tu ne peux m'aimer, Pour toi mon amour est extrême, Ainsi que pour l'honneur mon cœur sait s'enflammer.
MARCOU
L'un pour l'autre quelle tendresse !
BREDAU.
Comme ils s'aiment, ces chers enfants!
NICOLETTE
Paix, j'entends quelque bruit.
AUCASSIN.
Je n'entends rien.
NICOLETTE
Il cesse
AUCASSIN.
Tâche de me donner ta main.
NICOLETTE
Attends, attends.
Je vais, pour m' élever, approcher quelque chose; Une pierre! ah, c'est bon!
(Ici elle roule une pierre qu'elle trouve à ses pieds.)
BREDAU.
Si la garde se pose, On va la surprendre; en chantant.
Je m'en vais l'avertir.
AUCASSIN.
Ma Nicolette !
NICOLETTE
Attends.
Paix.
BREDAU chante.
Pucelle, avec un cœur franc, Au corps gentil, au corps plaisant
On voit bien à ton semblant Que tu parles Ji ton amant; Gnrde-toi de ces soldats méchants, Qui sous leurs capes vont cachants Leurs glaives nus et tranchants.
Garde toi, etc.
'<00 AUCASSIN ET NICOLETTE.
NIGOLETTE.
Ah! que le ciel te récompense De ce salutaire avis.
Adieu, cher Aucassin, on vient, quelqu'un s'avance.
AUCASSIN.
Quoi! tu t'en vas? Reste.
Non, je ne puis.
AUCASSIN.
Bois certaine de ma constance.
NICOLETTE
Sois sûr de ma persévérance.
AUCASSIN.
Je mourrai si je ne te suis.