‹ Œuvres choisiesChapitre 445 sur 454 · SCÈNE L — VERGI, ISAURE, OFMAN · texte numérisé non relu

SCÈNE L — VERGI, ISAURE, OFMAN

(On entend le signal de la guette.)

ISAURK. — Que veut dire ce signa!?

OFMAN. — C'est, je crois, le retour de sire Raou!, que la sentinelle qui est sur le donjon a vu de très-loin.

ISAURE. — Ah, dieux! il va venir.

OFMAN. — Oui, c'est lui, vous pouvez le voir par la fenêtre de cette tourelle; on voit de là toute la campagne, on voit même, entre ces deux montagnes, les girouettes du château de vos fr&res.

ISAURE. — Ah, mes frères! ah, Vergil

VERGI. — Je vois des hommes à cheval, mais lui, je ne le distingue pas.

OFMAN. — Vous ne le voyez pas; c'est celui qui est en avant; se*, gentilshommes, ses écuyers, ses vassaux, le suivent à vingt pas; remarquez-vous ces trois hommes qui sont près de lui, ces deux qui ont des casaques rouges, et celui qui a une casaque bleue? Ce sont les écuyers dont il avoit épousé les filles.

VERGI. — Le barbare...! Ils savent quelle a été la mort de leurs fiUc' et ils ne s'en vengent pas!

OFMAN. — Ils l'ignorent.

VERGI. — Mon cher Ofman, pourriez-vous me fournir une arme, quelle qu'elle soit, une épée, un sabre, un....

OFMAN. — Ah, dieux, madame! votre mort seroit certaine, et la mienne aussi, car rien de plus terrible que sire Raoul; il fait trembler tout le pays à dix lieues à la ronde.

VERGI. — Il doit être bien haï!

0FM.\N. — Ah, oui! et si ses vassaux le perdoient, ils feroient tous des feux de joie. IMais ne lui dites pas, hélas! peut-être ne le saura-t-il que trop tôt! ne lui dites pas que j'ai fait lancer cette flèche, cet écrit.

VERGI. — Vous êtes donc bien sûr que mon page....

OFMAN. —Ah! je l'ai vu ramassant le roseau, en détacher l'écrit, monter h cheval et partir comme un trait; je vais au-devant de monseigneur, et je vais tâcher de retarder son entrée icL

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