‹ Œuvres choisiesChapitre 449 sur 454 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Elle jure, et son audace Y porte un œil indiscret.

Oui, ton regard indiscret Du destin qui te menace T'a révélé le secret; Du destin qui te menace

Tu connois le secret.

Perfide, tu l'as ouverte.

Tu mourras, oui, tu mourras.

Je voulois te rendre heureuse, T'ofTrir et mes biens et mon cœur; j\l;i destinée est bien affreuse, On m'a prédit tout mon malheur:

Crains la femme trop curieuse, Fuis le charme de la beauté.

N'est-il donc point de femme Qui ne porte en son âme La curiosité?

Existe-t-elle?

Où donc est-elle?

Viens, cruelle.

Je t'appelle, Le bonheur suivra tespas; Mais je ne la trouverai pas.

Perfide, tu l'as ouverte.

Tu mourras, oui, tu mourras.

Sois certaine de ta perte, J'ai juré ton trépas.

SCÈNE VI. — RAOUL, ISAURE entre en tenant les clefs dans sa main avec un air consterné; Raoul l'observe.

RAOUL. — Madame , vous avez bien tardé.

ISAURE. — Je cherchois, j'hésitois.

RAOUL. — Donnez.

ISAURE. — Les voici.

RAOUL. — Je n'y vois pas celle dont vous aviez juré de ne pas vous servir.

ISAURE. — La voici, un accident.... quelqu'un.... lor.sque ma sœur....

RAOUL. — Et vous avez osé faire ce que je vous avois défendu?

ISAURE. — Ah, seigneur!

RAOUL. — Vous mourrez, vous allez subir le sort de celles aue vous avez vues.

ISAURE, se jetant à ses pieds. — Ah! pardonnez....

BAOUL. — Non, non, nulle pitié, nulle pitié.

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