‹ Œuvres choisiesChapitre 79 sur 454 · SCÈNE XXIV. — LA MARQUISE, M. DÉTIEULETTE, GOTTE · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIV. — LA MARQUISE, M. DÉTIEULETTE, GOTTE

LA MARQUISE ouvve U coblnet. — Sortez, sortez. Hé bien ! monsieur, sortez.

M. DÉTIEULETTE. — Madame, je suis étonné, je suis confondu de tout ce que je viens d'entendre.

LA MARQUISE. — Hé bien ! monsieur, avez-vous besoin d'autre preuve pour être convaincu de l'avantage que toute femme peut avoir sur son mari? et si j'étois plus jolie et plus spirituelle.,..

M. DÉTIEULETTE. — Cela ne se peut pas.

LA MARQUISE. — Eucore, monsieur, ne me suis-je servie que de nos moindres ressources. Que seroit-ce si j'avois fait jouer tous les mouvements du dépit, les accents étoufi"és d'une douleur profonde; si l'a vois employé les reproches, les larmes, le désespoir d'une femme

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qui se dit outragée? Vous ne vous cloutez pas, vous n'avez pas d'idée de l'empire d'une femme qui a su mettre une seule fois son mari dans son tort. Je ne suis pas moins honteuse du personnage que j'ai fait : je n'y penserai jamais sans rougir. Ma petite idée de vengeance m'a conl'uite plus loin que je ne voulois. Je suis convaincue que le désir de montrer de l'esprit ne nous mené qu'à dire ou à faire des sottises.

M. DÉTiEULETTE. — Quel nom donnez-vous à une plaisanterie l

LA MARQtnsE. — Ah! monsieur, en présence d'un étranger, que j'ai cependant tout sujet de croire un galant homme.

M. DÉTIEULETTE. — Et le plus humble de vos serviteurs.

LA MARQUISE. — J'ai jctô Une sorte de ridicule sur mon mari, sur M. de Clainville; car vous savez ma petite finessse à votre égard.

M. DÉTIEULETTE. — Je le savois avant.

LA MARQUîSE. — Quoi 1 monsieur, vous saviez....

M. DÉTIEULETTE. ~ Que j'avois l'honneur d'être chez Mme de Clainlille : un de vos domestiques me l'avoit dit.

LA MARQUISE. — Comment I monsieur, j'étois votre dupe?

M. DÉTIEULETTE. — Non, madame; mais je n'étois pas la vôtre.

LA MARQUISE. — Ah! comme cela me confond! Et cette femme qui a des absences, qui oublie son nom? Quoi! monsieur, vous me persifliez?

M. DÉTIEULETTE. — Madame, je vous en demande pardon.

LA MARQUISE. — Ah ! commo cela me confond, et me fortifie dans la pensée d'abjurer toute finesse! (Elle se promène avec dépit. ) Ah! ciel! J'cspére, monsieur, que cet hiver, à Paris, vous nous ferez l'iionneur de nous voir. Je veux alors, en votre présence, demander à M. de Clainville pardon du peu de décence de mon procédé. Gotte, faites passer monsieur par votre escalier. Adieu, monsieur.

M. DÉTIEULETTE. — Adicu, madame.

LA MARQUISE. — Je VOUS souhaite un bon voyage.

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