SCÈNE xxin
i,E MARQUIS , confus. — Ah ! madame !
LA. MARQUISE. — Quoi ! VOUS liésitez, monsieur? que n'entrez-vous dans ce cabinet: je vais l'ouvrir moi-même.
LE MARQUIS. —Ah I madame, madame ! c'est battre un homme à terre.
LA MARQUISE. — Non , non : ce que je vous ai dit est, sans doute vrai.
LE MARQUIS. — Ah! madame, que je suis coupable I
LA MARQUISE. — Hé ! non, monsieur, vous ne l'êtes point.
LE MARQUIS. — Madame , je tombe à vos genoux.
LA MARQUISE. — Relevez-vous, monsieur.
LE MARQUIS. — Me pardonnez- VOUS ?
LA MARQUISE. — Oui, monsieur.
LE MARQUIS. — Vous ne le dites pas du profond du cœur.
LA MARQUISE. — Je VOUS assuro que je n'y ai nulle peine.
LE MARQUIS. — Que de bonté 1
LA MARQUISE. — Ce n'est point par bonté, c'est par raison.
LE MARQUIS. — Ail ! madame! qui s'en seroit méfié. [En regardant le papier.) Oui... oui. 0 ciel! avec quelle adresse, avec quelle finesse j'ai été conduit à demander cette clef, cette maudite clef {Il lit.) Oui, oui. voilà bien la serrure, les vis, les écrous. Diable de clef! maudite clef! Mais, Dubois, ne l'ai-je pas dit?
DUBOIS. — Non, monsieur; j'ai pensé vous le dire.
LE MARQUIS. — Madame, madame, j'en suis charmé, j'en suis enchanté; cela m'apprendra à n'avoir plus de vivacité avec vous; voici la dernière de ma vie. Je vais vous envoyer vos vingt louis, et je les paye du meilleur de mon cœur. Vous me pardonnez, madame?
LA MARQUISE. — Oiii, monsieur, oui, monsieur.
LE MARQUIS, retenant sur ses pas. — Mais admirez combien j'étois simple, avec l'esprit que je vous connois, d'aller penser.... d'aller croire.... Ah ! je suis.... je suis.... je vais, madame, je vais faire acquitter ma dette.
LA MARQUISE h couduit dcs ycux et met la clef à la porte du cabinet. — Gotte, voyez si monsieur ne revient pas.