‹ Œuvres choisiesChapitre 25 sur 33 · DIGNITE DANS LF.S AFFECTIONS · texte numérisé non relu

DIGNITE DANS LF.S AFFECTIONS

Honore la femme, mais crains les séductions de sa beauté, et plus encore les séductions de ton cœur.

Heureux si tu ne t'affectionnes ardemment qu'à celle que tu voudras et que tu pourras choisir pour la compagne de toute ta vie !

Garde ton cœur libre de toute chaîne , plutôt que de le livrer à une femme de peu de mérite. Un homme qui n'aurait pas de sentiments élevés pourrait être heureux avec elle; et toi , tu ne le pourrais pas. H te faut ou une perpétuelle liberté, ou une compagne qui réponde à la généreuse idée que tu te lais de l'humanité , et particulièrement du sexe.

Ce doit être une de ces âmes rares qui comprennent excellemment la beauté de la religion et la noblesse d( s sentiments; mais prends garde de ne pas la créer telle

dans ton imagination , tandis qu'en réalité elle serait tout autre.

Si tu trouves une telle femme , si tu la vois animée d'un véritable amour pour Dieu , si tu la crois capable d'un noble enthousiasme pour toute vertu , si tu la vois attentive à faire tout le bien qu'elle peut, si tu la vois l'ennemie irréconciliable de toute action moralement basse, si elle joint à tous ces mérites un esprit cultivé, sans aucune ambition de le faire paraître ; si même , avec cet esprit , elle est la plus humble des femmes ; si toutes ses paroles et toutes ses actions respirent la bonté, une élégance naturelle, des sentiments élevés, une volonté ferme d'être attachée à ses devoirs , l'attention de n'affliger personne et de consoler ceux qui sont affligés, de ne se servir de ses charmes que pour ennoblir les pensées des autres , oh ! alors aime-la d'un grand amour, d'un amour digne d'elle !

Qu'elle soit pour toi comme un ange tutélaire , qu'elle soit pour toi la vivante expression de la loi divine , pour t' éloigner de toute bassesse , pour te pousser à toute action louable. Dans tout ce que tu entreprends, songe à mériter son approbation, songe à faire en sorte que sa belle àme se réjouisse de t'avoir pour ami; songe à l'honorer non pas seulement devant les hommes , cela n'importe guère , mais devant Dieu , qui voit tout.

Si cette femme possède une àme aussi élevée, aussi fidèle à la religion , ta vive affection pour elle ne sera ni un excès ni une idolâtrie. Tu l'aimeras précisément parce que ses volontés seront en parfaite harmonie avec celles de Dieu. En admirant les unes tu admireras les autres , ou plutôt ce seront toujours celles de Dieu que tu admireras, au point que, s'il était po.ssible que ses volontés

devinssent contraires à celles de Dieu , ton délicieux enchantement s'évanouirait, et tu n'aimerais plus cette femme.

Ce noble sentiment est regardé comme chimérique par beaucoup d'esprits vulgaires , ceux qui n'ont aucune idée d'une femme d'un cœur élevé. Plains leur vile sagesse. Ces attachements si purs , et qui nous excitent si puissamment à la vertu, ne sont pas impossibles j ils existent, bien qu'ils soient rares ; et les hommes devraient dire : Ou ceux-là , ou aucun.

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ATTACHEMENTS BLAMABLES.

Mais prends garde, je te le répète , que ton admiration pour une femme ne lui attribue une vertu qu'elle n'a pas. Ce serait alors ce qu'on appelle un amour romanesque, un amour ridicule et nuisible ; ce serait une indigne prodigalité de ton cœur devant une vaine idole.

Oui , la femme estimable , et même estimable au suprême degré , existe sur la terre j mais elles sont aussi en grand nombre celles que l'éducation , le mauvais exemple et leur propre légèreté ont gâtées; celles qui ne sauraient s'élever à apprécier seulement les vœux de riiomme vertueux; celles qui trouvent plus de charme à être recherchées pour leur beauté et le brillant de leur

esprit, qu'à mériter d'être aimées pour la noblesse de leurs seutiments.

Des femmes si imparfaites sont ordinairement très-dangereuses , et plus dangereuses que celles qui sont complètement avilies. Elles séduisent non-seulement par leurs grâces et leurs artifices , mais souvent aussi par quelques vertus , par l'espérance qu'elles font naître que , chez elles , le bon l'emportera sur le mauvais. IN'accueille pas cette espérance quand tu verras dans ces femmes beaucoup de vanité ou d'autres défauts graves; juge-les sévèrement , non pour en dire du mal ou pour exagérer leurs torts , mais pour les fuir à temps , si tu crains de t' engager dans des liens peu dignes de toi.

Plus tu seras aimant par caractère et disposé à révérer la femme de mérite , plus tu dois te faire une loi de ne pas te contenter d'une vertu médiocre dans une femme , pour lui donner le titre d'amie.

Les jeunes gens sans mœurs et les femmes qui leur ressemblent se moqueront de toi, t'appelleront orgueilleux, sauvage, bigot. ?i'importe; méprise leurs jugements. jN'e sois jamais orgueilleux, ni sauvage, ni bigot; mais ne prostitue jamais tes affections; sois ferme à conserver ton cœur libre , ou à n'en faire hommage qu'à la femme qui aura plein droit à ton estime.

Celui qui aime une femme de haute vertu ne perd pas son temps à la courtiser servilement , à la repaitre d'adulations et de vains soupirs. Elle ne le souffrirait pas ; elle rougirait d'être recherchée par un homme oisif, un Céladon ; elle ne saurait apprécier que l'affection d'un homme simple et digne , moins empressé de lui parler de ses sentiments que de lui plaire par de louables principes , par de louables actions.

La femme qui souffre à ses pieds un homme puérilement esclave , prêt à se plover bassement à ses mille caprices , uniquement occupé d'une élégance affectée et de fades compliments , laisse bien voir qu'elle a une idée peu élevée de lui et d'elle-même. Et celui qui se plait à une telle vie, celui qui aime sans un noble but, sans le but de devenir meilleur eu rendant hommage à une grande vertu , celui-là prodigue misérablement son esprit et son cœurj il lui sera difficile de conserver assez d'énergie pour faire jamais quelque chose de bon dans ce monde. Je ne parle pas des femmes de mauvaises mœurs : l'homme honnête en a horreur, et c'est une grande ignominie que de ne pas les fuir.

Quand une femme t'aura paru digne de fixer ton cœur, ne t'abandonne pas aux soupçons, à la jalousie, à l'indiscrète prétention d'être follement idolâtré.

Choisis bien , et puis aime sans te tourmenter par tes foreurs et sans tourmenter celle que tu auras choisie , sans te troubler parce qu'elle ne fermera pas les yeux sur l'amabilité des autres , sans exiger qu'elle ait des spasmes de tendresse pour toi.

Sois-lui dévoué pour être juste, pour payer un tribut d'admiration et de noble servage à un grand mérite, pour t'élever jusqu'à une créature qui te semble si subhme, et non pour qu'elle porte sa tendresse pour toi au delà de ce qu'il lui est possible de t'en témoigner.

Les jaloux , ceux qui frémissent de rage de n'être pas assez aimés , sont de véritables tyrans. Plutôt que de devenir méchant pour un plaisir quelconque , tu dois renoncer à ce plaisir ; plutôt que de devenir un tyran , ou de tomber par amour dans quelque autre excès , renonce à l'amour.

RESPECT Da ADX JEDiiES FILLSE E.T AOX FEMMES DES AUTRES .

Soit que tu restes célibataire ou que tu te maries , respecte la pureté virginale et le mariage.

Rien n'est plus délicat que l'innocence et la réputation d'une jeune fille. Xe te permets envers aucune la moindre liberté de manières ou de paroles qui pourrait altérer la pureté de ses pensées ou troubler son cœur. Ne te permets , ni en parlant à une jeune fille ni loin d'elle, aucun mot qui puisse la faire soupçonner par autrui de légèreté d'esprit ou de facilité à se passionner. Les plus petites apparences suffisent pour ternir l'honneur d'une jeune fille , pour éveiller contre elle la calomnie , pour lui faire manquer peut-être un mariage qui l'eût rendue heureuse.

Si tu te sens épris d'une jeune personne, et que tu ne puisses aspirer à sa main , ne lui découvre pas tes sentiments; cache-les-lui, au contraire, avec grand soin. Se sachant aimée , elle pourrait s'éprendre pour toi , et devenir ainsi victime d'une passion malheureuse.

Si tu t'aperçois que tu as inspiré de l'amour à une jeune personne que tu ne veuilles pas ou que tu ne puisses pas épouser, respecte également son repos et les convenances de sa position ; cesse entièrement de la voir. S'applaudir d'avoir éveillé chez une innocente et infortunée créature un délire qui ne peut lui amener que l'affliction et la honte, c'est la plus perverse des vanités.

Ne sois pas moins sur tes gardes avec les femmes ma-

riées. La folle passion que tu concevrais pour une d'elles , ou celle que concevrait une d'elles pour toi, pourrait vous entraîner à un grand malheur, à une grande ignominie. Tu y perdrais moins qu'elle; mais c'est précisément parce qu'une femme a bien plus à perdre lorsqu'elle s'expose à mériter le mépris de son mari et le sien propre , que , si tu es généreux, tu dois redouter pour elle un tel danger. iNe t'y laisse pas exposé un seul instant; renonce à un sentiment que Dieu et les lois condamnent. Ton cœur et celui de la femme que tu aimerais saigneraient en se séparant ; mais qu'importe ? La vertu coûte des sacrifices ; celui qui ne sait pas les accomplir est un lâche.

Entre une femme mariée et un homme autre que son mari , il ne peut y avoir innocemment d'autre intime relation que l'échange d'une juste estime, fondée sur la connaissance de vertus réelles , sur la conviction que , des deux côtés, il y a, avant tout autre amour, l'amour inébranlable de ses propres devoirs.

Aie horreur, comme d'une insigne immoralité , de ravir à un mari l'affection de sa femme. S'il est digne d'être aimé d'elle, ta perfidie est un crime atroce; si ce n'est pas un mari estimable , ses fautes ne t'autorisent pas à dégrader l'infortunée qui est sa compagne. Pour la femme d'un mauvais mari , il n'y a pas de choix : elle doit se résigner à le supporter et à lui rester fidèle. Celui qui , sous prétexte de la consoler, l'entraîne à un attachement coupable, est un égoïste cruel. Quand même il ne céderait qu'à l'inspiration de la pitié, c'est une pitié illusoire, funeste , condamnable. En inspirant de l'amour à cette femme , tu augmenterais son malheur ; tu joindrais au tourment qu'elle éprouve d'avoir un mari peu aimable,

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celui de le haïr toujours plus , en t'aimant et en s'exagérant tes qualités; tu y ajouterais peut-être tous les tourments de la jalousie de son mari et le remords déchirant de sa faute. La femme malheureuse dans le mariage ne saurait avoir de paix qu'en se conservant irréprochahle. Celui qui lui en promet une autre ment, et l'entraîne dans la douleur.

A l'égard des femmes qui te seront chères à cause de leurs vertus , prends garde, autant qu'à l'égard des jeunes personnes , que ton amitié pour elles ne fasse naître d'injurieux soupçons. Sois circonspect dans la manière dont tu en parleras aux hommes accoutumés à juger bassement. Ils accordent toujours leurs suppositions avec la perversité de leur cœur. Infidèles interprètes de ce qu'on leur dit , ils donnent un mauvais sens aux choses les plus simples, aux actions les plus innocentes; ils voient des mystères là où il n'y en a aucun. Nul soin n'est surperflu pour conserver sans tache la réputation d'une femme. Après sa vertu , cette réputation est son plus bel ornement. Celui qui n'est pas très-jaloux de la lui conserver, celui qui a la bassesse de se complaire à voir les autres supposer dans une femme de la faiblesse pour lui , est absolument un misérable , qui mériterait d'être chassé de toute bonne compagnie.

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Si l'inclination de ton cœur et les convenances te déterminent pour le mariage , marche ù l'autel avec de saintes pensées, avec la forme résolution de rendre heureuse celle qui te confie le soin de ses jours, celle qui ahandonne le nom de ses pères pour prendre le tien, celle qui te préfère à tout ce qu'elle eut de cher jusque alors , et qui , par toi , espère donner la vie à d'autres créatures intelligentes appelées à posséder Dieu.

Triste preuve de l'incoustauce humaine! La plupart des mariages se font par amour, de solennelles pensées les accompagnent, ils sont sanctionnés par une pleine volonté de les bénir jusqu'à la mort, et, au bout de deux ans, quelquefois même au bout de peu de mois , le couple uni cesse de s'aimer, se supjiorte avec peine , s'offense par des reproches réciproques , et néglige mutuellement de se rendre aimable.

D'où vient cela? C'est d'abord parce que ceux qui se marient se sont trop peu connus avant leur union. Sois circonspect dans ton choix, assure-toi des bonnes qualités de celle que tu aimes, ou tu es perdu. Cette désaffection provient, secondement de la lâcheté que l'on met à céder aux tentations de l'inconstance ; de ce qu'on n'a pas l'attention de se dire chaque jour à soi-même : La résolulion que j'ai prise était celle que je devais prendre; je veux être inébranlable à la maintenir.

Ici , comme dans toutes les autres circonstances de la vie , prends garde combien est grande dans l'homme la facilité de passer du bien au mal ; prends garde que ce qui le rend méprisable n'est jamais causé que par le manque d'une volonté forte , et que la faiblesse de caractère est la cause la plus puissante des turpitudes et des malheurs dont la société est remplie.

Un mariage ne peut être heureux qu'à la condition que chacun des deux époux se prescrira pour premier devoir cette invariable résolution : « Je veux aimer et honorer toujours le cœur auquel j'ai donné pouvoir sur le mien. »

Si le choix a été bon , si l'un des deux cœurs n'était déjà perverti, il n'est pas vrai qu'il puisse se pervertir et devenir ingrat , alors que l'autre le comble de douces attentions et d'un généreux amour.

On n'a jamais vu un mari qui ne s'est rendu coupable ni d'indignes traitements , ni du moins d'indignes négligences ou d'autres torts envers sa femme, cesser d'en être aimé s'il lui a été cher.

L'àme de la femme est naturellement douce , recon naissante, disposée à aimer au suprême degré l'homme qui est constant à l'aimer et à mériter son estime. Mais comme elle est douée d'une grande sensibilité , elle s'irrite aisément du manque d'amabilité de son mari et de tous les torts qui peuvent le dégrader, et cette irritation peut la porter à une invincible antipathie et à tous les égarements qui en sont la suite. L'infortunée sera alors grandement coupable ; mais son mari sera certainement la cause de ses fautes.

Que cette persuasion ne s'efface jamais en toi : aucune femme qui fut bonne le jour de son mariage, ne perd sa

bonté dans la société d'un époux qui continue à avoir des droits à sa tendresse.

Pour avoir des droits inviolables à l'amour d'une épouse, il ne faut pas démériter à ses yeux; il faut que l'intimité conjugale n'ôte rien au mari du respect et de l'amabilité qu'il lui montrait avant de la conduire à l'autel ; il faut qu'il ne devienne ni sottement son esclave , et se rende ainsi incapable de la reprendre , ni qu'il lui fasse sentir despotiquement son autorité en la reprenant avec aigreur ; il faut que tout donne à la femme une haute idée du bon sens et de la droiture de son mari; il faut qu'elle puisse se glorifier d'être sa compagne et de vivre sous sa dépendance; il faut que cette dépendance ne lui soit i)as imposée par l'orgueil de son mari , mais qu'elle la veuille par affection et par le sentiment de leur véritable dignité à tous deux.

L'excellence du choix que tu pourras faire, et la certitude que tu auras des éminentes vertus d'une femme, ne doivent pas te porter à croire qu'une attention continuelle de ta part à te rendre aimable à ses yeux soit moins nécessaire; ne dis pas : Elle est si parfaite^, qu'elle me pardonne tous mes torts ; je n'ai pas besoin de m'étudier à lui être plus cher, elle m'aime toujours également.

Quoi ! parce que sa bonté est si grande , tu serais moins attentif à lui plaire? Ne te fais pas illusion; c'est précisément parce qu'elle est douée d'une àme exquise , que l'insouciance, le manque d'égards et la brusquerie lui causeront plus d'amertume et de dégoût. Plus est grande la noblesse de ses manières et de ses sentiments , plus est grand chez elle le besoin de trouver cette noblesse égale en toi. Si elle ne la trouve pas , si elle te voit passer d'une aimable courtoisie à une insultante négligence , par vertu

elle s'efforcera longtemps de t'aimer malgré ton indignité, mais ses efforts seront vains. Elle te pardonnera, mais elle ne t'aimera plus, et sa vie sera brisée.

Quand tu as donné à une femme le titre sacré d'épouse, tu dois te consacrer à son bonheur, comme elle doit se consacrer au tien ; mais cette obligation est pour toi plus grande , parce que la femme étant plus faible que toi , tu lui dois toute sorte de bons exemples et de secours.

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AWCDR PATEF-I:EL. — AiTCDR DE L'EIJFAIICE ET DS LA JEUNESG

Donner à la patrie de bons citoyens , et donner à Dieu lui-même des âmes dignes de lui , telle sera ta mission si tu as des enfants. Mission sublime! Qui s'en ciiarge et la trahit est le plus grand ennemi de la patrie et de Dieu.

11 est inutile d'énumérer les vertus d'un bon père : tu les auras toutes si tu as été bon fils et bon mari. Les mauvais pères furent tous des fds ingrats et d'ignobles maris.

Mais avant d'avoir des enfants , et lors même que tu ne devrais jamais en avoir, ennoblis ton àme par le doux sentiment de l'amour paternel : tout homme doit le nourrir dans son cœur et l'étendre sur tous les enfants et tous les jeunes gens.

Regarde avec un grand amour cette partie nouvelle de la société , regarde-la avec un grand respect.

Quiconque méprise ou afflige injustement l'enfance, s'il n'est pervers, le deviendra. L'homme qui ne met pas la plus grande attention à respecter l'innocence d'un enfant, à ne pas lui enseigner le mal, à veiller à ce que d'autres ne le lui enseignent pas, à faire en sorte qu'il ne s'entlammc que du seul amour de la vertu, peut être la cause que cet enfant devienne un monstre. Mais pourquoi substituer de faibles paroles aux simples et terribles paroles prononcées par l'adorable ami des enfants, le Rédempteur: « Quiconque, dit -il, accueille un petit « enfant en mon nom , m'accueille moi-même j mais qui- « conque aura scandalisé une de ces petites créatures qui « croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui « eût attaché une meule au cou , et qu'on l'eût précipité " au plus profond de la mer. »

Considère comme tes enfants tous ceux qui sont beaucoup moins âgés que toi, et sur lesquels, par cette raison, ton exemple et tes conseils peuvent avoir de l'autorité; traite-les avec ce mélange de zèle et d'indulgence qui est propre à les éloigner du mal et à les pousser au bien.

L'enfance est imitatrice par nature : si les adultes qui entourent un enfant sont pieux , dignes , aimables , l'enfant aura le désir d'être tel, et il le sera. Si ces adultes sont irréligieux , abjects , malveillants , l'enfant sera aussi méchant qu'eux.

Montre-toi bon, même avec les enfants et les jeunes gens que tu ne vois pas fréquemment , et avec lesquels tu ne parleras peut-être qu'une seule fois en ta vie. Disleur, si l'occasion s'en présente, quelque parole féconde en vertu. Cette parole et l'honnêteté de ton regard pourront les arracher à une basse pensée , et leur donner le désir de mériter l'estime des gens de bien .

Si un jeune homme de belle espérance met en toi sa confiance, sois pour lui un ami généreux ; soutiens-le par de fermes et sages conseils ; ne le flatte jamais ; applaudis à ses actions louables ; mais , par un blâme énergique , détourne-le de celles qui sont indignes.

Si tu vois un jeune homme tourner au vice, lors même que tu n'aurais aucune intimité avec lui, ne dédaigne pas, quand tu en as l'occasion , de lui tendre la main pour le sauver. Le jeune homme qui prend la mauvaise route n'aurait besoin quelquefois que d'un cri, d'un signe, pour en avoir honte, et rétrograder pour prendre la bonne voie.

Quelle sera l'éducation morale que tu donneras à tes enfants? Tu l'ignorerais , si tu n'en acquérais toi-même une très- bonne. Acquiers-la, et tu la donneras telle.

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