NOTICE SUR SILVIO PELLICU. IX
tribuaientsi puissamment à son bonheur, " qu'il n'eût pas, dit-il , échangé son sort contre celui d'un prince. -
Jusque alors, cependant, il ne s'était annoncé que par quelques essais que l'amitié avait accueillis, mais qui n'avaient pu établir sa réputation littéraire. Enfin parut, en 1819, sa tragédie de Francesca da Ramini, et le brillant succès qu'obtint cette pièce lui donna tout à coup un rang distingué parmi les poètes dramatiques de l'époque.
U Eufemio di Messina, sa seconde tragédie , dont le gouvernement empêcha la représentation , fut aussi accueillie favorablement, quoiqu'elle manquât du prestige delà scène. Ces premiers chants du poète retentirent longtemps dans le cœur de ses compatriotes , et longtemps ils y réveillèrent des souvenirs d'affection et un profond intérêt pour son malheur.
Le suffrage d'un homme dont Silvio Pellico était l'admirateur, et dont l'amitié lui fut toujours chère, avait précédé les applaudissements que lui valut la représentation de Francesca. Cette pièce venait d'être composée lorsque lord Byron se rendit à Milan. Déjà , à cette époque , Silvio avait fait une traduction italienne de Manfred. qui ])arut aussi en 1819. Flatté de cet hommage , le poète anglais se lia avec son jeune traducteur, et lui demanda pourquoi il avait mis son drame en prose ; Silvio lui répondit ([u'il ne pensait pas qu'on dût traduire autrement les vers. Lord B3'ron combattit cette idée , et l'on rapporte que , peu de temps après , le manuscrit de Francesca lui ayant été confié , non-seulement il prédit à l'auteur le succès qu'obtint sa pièce , mais (ju'il en fit en vers anglais une traduction qui, malheureusement, n'a pas été publiée.
Intimement lié, nous l'avons dit, avec le comte Porro. qui plus tard fut au nombre des proscrits , Silvio , vers cette