VIII NOTICE SUR SILVIO PELLICO
jours paru sublime; » aussi y apporta- t-il tout le dévouement, toute la dignité qu'elle exige. Entré ensuite, au même titre , chez le comte Porro Lambertenghi , il fut , selon son expression , » avec les enfants comme un père , et avec le père comme un frère. ••
La maison du comte Porro était alors le rendez-vous de tout ce que Milan renfermait de plus distingué , et de beaucoup d'étrangers illustres. C'est là que Silvio vit madame de Staël , Schlegel , Byron , Dawis , Brougham et plusieurs autres personnages renommés , qui affluaient dans cette ville de toutes les parties de l'Europe.
Déjà, à son début dans le monde littéraire, il avait été accueilli par Vincenzo Monti , poëte célèbre, auquel ses compatriotes avaient donné le surnom d'iV Dante ingentilito (le Dante gracieux). Il s'était lié aussi avec Ugo Foscolo, auteur des Lettres d'Ortis , ardent patriote , poëte et prosateur qui jouissait aussi d'une grande célébrité, mais qui s'est attiré beaucoup de critiques et d'inimitiés par quelques-unes de ses compositions , et surtout par l'âpre té et l'impétuosité de son caractère.
Partagé entre ces deux hommes , qu'un mutuel attachement avait unis autrefois , mais que de violentes discussions avaient rendus ennemis , Silvio obtint de chacun d'eux une égale bienveillance. Foscolo cependant, malgré les défauts de caractère qu'on lui reprochait , eut la préférence dans son cœur, et cet homme emporté , qui par sa rudesse éloignait de lui presque tous ses amis , se laissa souvent dominer par le jeune poëte, et lui montra constamment une affection exempte de tout caprice.
Sihio ne fut pas moins aimé des autres littérateurs qui se trouvaient alors à Milan , et cette bienveillance , cette estime générale que ses qualités lui gagnèrent dès son début, con-