XII NOTICE SUR SILVIO PELLICO
politique , avaient fait oublier un moment la véritable destination de l'homme sur la terre, mais qui, frappé par le malheur, s'est souvenu de Dieu, de cette éternité dont quelques tristes jours seulement nous séparent, et qui dès lors a trouvé au fond de son âme la force de supporter ses maux et la volonté de pardonner à ceux qui les lui faisaient souffrir.
Avec quelle touchante naïveté il peint ses impressions , ses sentiments, ses combats pour triompher de lui-même et de toute inimitié ! Il semble qu'on assiste avec lui à l'examen de toutes ses pensées , de toutes ses émotions : on s'associe à tout ce qu'il éprouve; sa prière sous les sombres voûtes d'une prison a quelque chose de sublime , qui élève et attendrit l'âme; on sent une vive et profonde sympathie pour ses longues souffrances , et ceux-là mêmes qui ne partagent pas les convictions religieuses qui l'ont soutenu , ne peuvent se défendre d' admirer sa résignation , et n'oseraient nier les bienfaits du christianisme après avoir lu ses Mémoires .
Ces croyances, qui ont été la consolation de sa captivité, et que ses ennemis ont vainement essaye de calonmier (1) , Silvio Pellico les a rapportées dans le monde quand la liberté lui fut rendue. Le livre des Prisons, écrit sous l'inspiration de l'Evangile, nous le montre, sous les Plombs de Venise et au Spielberg , marchant à la perfection comme chrétien ;
(0 Quelques hommes haineux ou incapables de croire à la sublimité de la verlu, ont été jusqu'à appeler Silvio Pellii o un impie cache, un rcvolulionnaire , un scductear, etc. « Je ne réponds, dit-il, ni à ces gens-là, ni aux fanatiques du libéralisme qui me blâment de ce que je ne partage pas leurs folles illusions. Je n'ambitionne de plaire ni aux uns ni aux autres. Ils n'auront de moi d'autre réponse que ma conduite , sans masque , sans servilité vers aucun des partis violents, et aussi chrétienne qu'il me sera possible. » {LeUre à M, de Lalour.)