NOTICE SUR SILVIO PELLICO. XIII
et bientôt après nous le voyons , dans le traité des Devoirs, joignant à l'apostolat de l'exemple celui du précepte. Ce dernier livre, qui rappelle quelquefois celui àeY Imitation , est en quelque sorte le complément , la moralité du drame qui a fait couler nos larmes : l'un est le triomphe de l'homme luttant avec la foi contre l'adversité, l'autre est l'exposé des obligations de la loi chrétienne étudiée et mise en pratique au fond d'un cachot.
Délivré de ses fers au mois d'août 1830, Silvio Pellico eut enfin le bonheur d'embrasser sa famille le 17 septembre suivant. Depuis cette époque il vit à Turin , environné do l'estime et de l'affection de ses concitoyens. Ses soins et son amour filial consolèrent la vieillesse de ses excellents parents. Chaque année il célèbre encore , par de nouvelles actions de grâces , le jour où il fut rendu à leur tendresse. •• C'est aujourd'hui, écrivait-il le 17 septembre 1834, le jour solennel où , après dix ans de captivité , j'eus le bonheur de revoir ce père et cette mère si aimants, et qui avaient tant souffert à cause de moi. Que Dieu a été bon de me rendre à eux ! qu'il est bon de me les conserver encore ! Voilà quatre ans que je jouis de ce bonheur; vraiment je ne crois pas qu'il y ait de mortel plus heureux que moi. Mes deux frères me comblent d'amitié; j'ai une sœur excellente, qui ne demeure pas à Turin , mais qui vient nous voir, que nous allons voir; j'ai un petit nombre d'amis respectables et aimables ; j'ai tout ce que j'ai désiré ; car je n'ai jamais convoité les richesses, et leur privation ne m'afflige pas. Ma santé est faible ; mais patience ! elle est cependant moins mauvaise qu'elle ne l'était au Spielberg. Je partage mon temps entre la littérature , la société et un peu de prière. Je ne suis pas très-attaché à la vie , et néanmoins je jouis d'exister. -