‹ Œuvres choisiesChapitre 106 sur 199 · E PITRE A \I. LE PRESIDENT UÉNACLT · texte numérisé non relu

E PITRE A \I. LE PRESIDENT UÉNACLT

Je plains le sort de tout auteur,

Que les autres ae plaignent guères ;

Si dans ses travaux Littéraires

11 veut goûter quelque douceur,

Que, des beaux esprits serviteur, 3o

Il évite ses chers confrères...

Heureux qui dans d'obscurs travaux A soi-même se rend utile !

Il faudrait pour vivre tranquille \h'< amis, et point de rivaux. 60

La gloire est toujours inquiète ; Le Bel esprit est un tourment, ( )n est dupe de son talent :

C'est comme une épouse coquette...

Sa vanité qui vous obsède, S'expose à tout imprudemment ; Elle est des autres l'agrément El le mal de qui la possède.

Mais finissons ce triste ton : 70

Est-il si malheureux de plaire?

L'envie est un "mal nécessaire; C'est un petit coup d'aiguillon Qui vous force encore a mieux faire '. Dans la carrière des vertus 75

L'âme noble en est excitée.

\ Lrgilc avait son \hovius.

Hercule avait son Kuryslliee.

Que m'importent de vains discours Qui s'envolent et qu'on oublie ? 80

Je coule ici mes heureux jours Dans la plus tranquille des cours, Sans intrigue, sans jalousie, Auprès d'un roi sans courtisans2,

sèment. Voltaire s empressa de taire disparaître le mot" fameux par vos soupes » et les rimes subséquentes.

(1) Ce que Boileau a si bien montré dans l'Kpitre à Racine .S'io- i wtilité dès en net» is.

[2 Le roi Stanislas.

\ i )l. I VI 11K

Près de Boufflers l et d'Emilie ;

Je les vois et je les entends.

Il faut bien que je fasse envie2.

* (1) La marquise de Boufflers, qui faisait les honneurs de la cour du roi Stanislas. Elle était la mère du chevalier de Boufflers, né à Lunéville en 1737 et mort en 1815. V. les ouvrages de M. G. Maugras sur la cour de Lunéville et sur Boufflcr-i.

(2) Quand Voltaire eut perdu Mme du Châtelet, il revint à Paris (rue Traversière-Saint-Honoré, près de la rue de Richelieu). I! rassembla autour de lui sa famille et se trouva, suivant son expression, « pèr» de famille sans avoir d'enfants ». L'aînée de ses nièces, Mme Denis, était veuve depuis 1744. Dans la lettre du 26 octobre 1749 à M. d'Aiguiber, Voltaire écrit : « Je loge ma nièce, Mme Denis, qui pense aussi philosophiquement que celle que nous regrettons, qui cultive les belles lettres, qui a beaucoup de goût et qui, par-dessus tout cela, a beaucoup d'amis et est dans le monde sur un fort bon ton. »

Elle ne voulut pas accompagner son oncleja Berlin, mais elle se porta au-devant de lui à son retour et partagea son sort jusqu'à sa mort.

Cul-rde-lampe tiré des Éléments de la philosophie de Newton, 1738.

En-tète^tiré dfê la Bataille de Fontenoy, *17i5.

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