‹ Œuvres choisiesChapitre 145 sur 199 · I. Al K \ iri: ». A I. iS · texte numérisé non relu

I. Al K \ iri: ». A I. iS

Pendant qu'ils s'acquittaient de ce devoir, pendant que le père et la mère étaient dans les sanglots et dans les larmes, le peuple de Toulouse s'attroupe autour de la maison. Ce peuple est superstitieux et emporté: il regarde comme des monstres ses frères qui ne sont pas de la même religion que lui...

Quelque fanatique de la populace s'écria que Jean Calas avait pendu son propre fils Marc-Antoine. Ce cri répété fut unanime en un moment ; d'autres ajoutèrent que le mort devait le lendemain fair.e abjuration, que sa famille et le jeune Lavaisse l'avaient étranglé, par haine contre la religion catholique : le moment d'après on n'en douta plus ; toute la ville fut persuadée que c'est un point de religion chez les protestants qu'un père et une mère doivent assassiner leur fils dès qu'il veut se convertir.

Les esprits une fois émus ne s'arrêtent point. On imagina cpie les protestants du Languedoc s'étaient assemblés la veille: qu'ils avaient choisi, à la pluralité des voix, un bourreau de la secte; que le choix était tombé sur le jeune Lavaisse: que ce jeune homme, en vingt-quatre heures, avait reçu la nouvelle de son élection, et était arrivé de Bordeaux pour aider Jean Calas, sa femme et leur fils Pierre, à étrangler un ami, un fils, un frère.

Le sieur David, capitoul de Toulouse, excité par ces rumeurs et voulant se faire valoir par une prompte exécution, iil une procédure contre les règles et les ordon-

des suicidés, déclarèrent qu'il ne s'était pas détruit lui-même. Dans un second interrogatoire, se voyant eux-mêmes menacés et soupçonnés, ils revinrent sur cette déclaration et dirent qu'il s'était donné la mort. Cette contradiction leur fit certainement du tort.

D'ailleurs, le drame de la rue des Filatiers reste mystérieux. Si l'hypothèse du meurtre d'un jeune homme par son père parait aussi absurde qu'odieuse, celle du suicide présente, elle aussi, ses difficultés. Les cho-,ps ae-sont pas aussi évidentes que Voltaire le prétend. La culpabilité de Jean Calas a encore --es partisans. Ainsi il ne dit rien des cris qui. pousses de la maison dis Galas, ont ameuté les passants a 9 heures et demie du soir, ni de l'exclamation de la servante au premier moment Ah mon Dieu .' ils l'ont tué! (V. en particulier la brochure '1>- M Labat, Jean ''nias, Toulouse. L910 |

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