CHAPITRE PREMIER Retour d'Angleterre (1729). — Brutus
Voltaire revint en France au début de 1729 au plus tard. Il est possible, comme le soutient Michelet, que ce fût en 1728 * ; seulement, n'étant pas autorisé à rentrer à Paris, il dut vivre à Saint-Germain-en-Laye dans une retraite profonde, presque en cachette, sans rien publier. « Pas une œuvre, à peine une lettre. » Ce grand silence est unique dans sa vie 2.
(1) Voltaire lui-même, dans son Discours sur la tragédie, adressé à Milord Bolingbroke, dit qu'il passa •< près de deux années >• en Angleterre. V p. 82.
(2) Michelet. Histoire de Frtnire, XVIII, ehap. v. « La première fois que nous apercevons Voltaire, e est chez un perruquier de Saint- Germain-en-Laye. où très probablement il reste un an, caché ou à peu près... Cette année 1728 de grand silence (unique dans sa vie) lui profita beaucoup... Là* il rentra en lui et il fit pour lui-même (sans espoir d'imprimer) sa critique des Pensées de Pascal. Une note de lui nous dit qu'elle est de cette, année. » Cf. la date de 1728, donnée par Voltaire lui-môme pour la rédaction de Charles XII (V. p. 106).
C'est en 1730 seulement que Voltaire reprend son activité extérieure.
Il fait réimprimer son Œdipe et jouer la tragédie de Brutus. Bientôt il va publier le Temple du Goût et VHistoire de Charles XII, puis, après l'échec A'Eriphyle, ce sera le succès de Zaïre.
Il garde en portefeuille les Lettres anglaises qui, lorsqu'elles paraîtront en 1734, provoqueront un scandale.
Retour sur la tragédie d" « Œdipe » i.