NEMOURS
Ce nom jadis si cher, ce nom me désespère. Je ne le suis que trop, ce frère infortuné, * Ton ennemi vaincu, ton captif enchaîné.
VENDÔME
Tu n'es plus que mon frère. »
La présence d'Adélaïde suffit pour séparer les deux frères. Nemours, en la voyant, tombe dans les bras de son écuyer. Sa blessure se rouvre et son sang coule. Cependant Vendôme presse Adélaïde de ses instances : il sent qu'il a un rival, mais ses soupçons s'égarent sur Coucy. Celui-ci se disculpe aisément et conseille à Vendôme de se rallier au roi.
Acte III. — Nemours se désespère à la pensée que la nièce de Du Guesclin va épouser Vendôme, il lui reproche son infidélité et Adélaïde, qui se trouve alors dans la même situation que Junie en face de Britannicus jaloux, se justifie aussi facilement. Vendôme, qui n'a pas encore deviné que son frère est son rival, vient, devant lui, annoncer à Adélaïde que pour la mériter il se soumet au roi. Il la presse de l'accompagner à l'autel. Mais la jeune fille, placée dans la plus cruelle des situations entre ces deux frères qui à cause d'elle vont brûler d'une haine meurtrière, demande à mourir. Vendôme s'étonne et s'irrite, il la presse de lui nommer son rival. Alors Nemours éclate.
NEMOimS
« Pourquoi d'un choix indigne osez-vous l'accuser?
VENDÔME
Et pourquoi, vous, mon irère, osez vous l'excuser? Est-il vrai que de vous elle était ignorée ? Ciel ! à ce piège affreux ma foi serait livrée ! Tremblez.