‹ Œuvres choisiesChapitre 60 sur 199 · ANALYSE ET EXTRAITS · texte numérisé non relu

ANALYSE ET EXTRAITS

Acte I. — César,, avant de partir pour une expédition contre les Parthes, recommande à Antoine ses (ils, et, comme Antoine, étonné, déclare qu'il ne lui connaît d'autre fils qu'Octave, qui doit ce titre à 1 adoption, César lui révèle que Brutus est son fils' et il ne lui cache pas que. malgré son ardente opposition, Brutus non seulement lui est cher, mais lui plaît.

Son superbe courage

Fiatte en secret le mien, même alors qu'il l'outrage.

11 m'irrite, il me plait ; son cœur indépendant

Sur mes sens étonnés prend un fier ascendant;

Sa fermeté m'impose, et je l'excuse même

De condamner en moi l'autorité suprême :

Soit qu'étant homme et père, un charme séducteur

L'excusant à mes yeux, me trompe en sa faveur;

Soit qu'étant né Romain, la voix de ma patrie

Me parle malgré moi contre ma tyrannie...

...J'ai pensé comme lui dès mes plus jeunes ans;

J'ai détesté Sylla, j'ai haï les tyrans,

J'eusse été citoyen, si l'orgueilleux Pompée

N'eût voulu m'opprimer sous sa gloire usurpée.

Né fier, ambitieux, mais né pour les vertus,

Si je n'étais César, j'aurais été Brutus.

Cependant Brutus est intraitable et il faut perdre l'espérance de le rallier à César:

Le dictateur reçoit les sénateurs. Il distribue entre eux les diverses provinces et il demande le titre de roi. Cette prétention fait renier Cimber et Cassius ; Brutus joint sa protestation à celles des autres.

Qu'importe à ma patrie, aux Romains que tu braves

D'apprendre que César a de nouveaux esclaves?

Les Persans ne sont pas nos plus fiers ennemis :

Il en est de plus grands...

A quoi César répond : « Et toi, Brutus,. aussi ! »

(1) Plutarque (Vie de Brutus, vi), rapporte qu'en effet César regardait Brutus comme son fils,

Puis, sans se laisser intimider, il apostrophe en termes véhéments la bande des mécontents; il les traite d'ingrats et il leur dit que ces grands sentiments ne sont plus de saison. Il fallait les avoir à Pharsale. Brutus déclare qu'il est prêt à mourir, mais qu'il ne consentira jamais à obéir. César le retient au départ des sénateurs pour faire appel à ses sentiments. Brutus reste irréductible. César se flatte qu'à force de bienfaits, il vaincra toutes les oppositions. Je sais quel est le peuple, dit-il.

Il faut couvrir de fleurs l'abîme où je l'entraîne

Acte II. — Brutus s'exaspère à la pensée de l'abaissement des Romains :

« Quels restes, justes dieux ! de la grandeur romaine ! Chacun baise en tremblant la main qui nous enchaîne. César nous a ravi jusques à nos vertus ; Et je cherche ici Rome et ne la trouve plus.

Des billets comme ceux-ci : <• Tu dors, Brutus, et Rome est dans les fers ' » — « Non, tu n'es pas Brutus ! », billets qu'il trouve au pied de la statue de Pompée, achèvent de l'enflammer. Bientôt on entend des cris et Cimber annonce la scène qui vient de se. passer au Capitole. César haranguait le peuple, quand Antoine vint lui présenterune couronne et la mit sur le front du dictateur. Celui-ci, voyant l'indignation causée par ce geste, rejeta la couronne et la foula aux pieds. Puis il sortit du Capitole. Dans une heure, il assemble le Sénat et doit se faire donner par cette assemblée, en grande partie achetée, ce que le peuple lui a refusé. \

Cassius déclare qu'il ne survivra pas à la perte de l'Etat. Brutus réplique qu'il faut frapper César.

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