ACTE I, SCÈNE II
LA /OIX.
Vive le roi! vive le roi! (plusieurs fois.)
ARLEQUIN
Grand merci ; car il n'y a plus d'autre roi que moi. Monlretoi donc! Qui es-tu?
LA VOIX
Perroquet mignon !
ARLEQUIN
Ah! c'est un perroquet qui a eu, comme moi, le bonheur d'échapper ! Il n'a pas eugrand'peine; il était sur son terrain. Il n'a eu qu'à monter de branche en branche. T'apporte à déjeuner qui voudra! Reprenons le nôtre. Baffrons. (n mange.) La soif me prend. Courage! Buvons de l'eau, (n va aux fontaines et boit.) Ah! jarnibleu, quelle eau! qu'elle est forte! La tète m'en tourne : cela vaut du vin. (n en reboit.) Ma foi, messieurs de Bourgogne, je vous défie d'être plus gais et plus ivres que je me le sens! Mais cela prend. Ne voilà-t-il pas le cœur qui me démange de faire des hommes! Hélas! où est le temps où l'on faisait tout, seul? 0 Prométhée, mon père, qui eûtes ce beau secret, et qui me donnâtes le jour, sans avoir eu jamais besoin de fille ni de femme pour cela! Pendant que vous allumiez mon corps au feu du soleil, et que vous étiez si près des astres, il ne tint qu'à vous de tirer mon horoscope et d'y lire mon aventure : vous m'auriez laissé la recette d'une si commode génération. J'aurais bientôt du monde avec qui jaser et me désennuyer ici... Ah! ah! Gardez votre recette, mon père, en voici une bien meilleure. Peste, la belle dame! C'en est assez; j'ai mon affaire.