ACTE lî, SCÈNE VIII
La fierté, la naissance et le rang de la dame Renfeniiaienl dans mon cœur le secret de ma flamme. Cominer.L aurais-tu fait pour t'en être aperçu? Elle-même elle était aimée à son insu.
MOISDOR.
Mais vraiment un amour de si légère espèce Piiiirrait prendre son vol bien par delà l'Altesse.
DAMIS
N'en doute pas, et même y goûter des douceurs. L'amour impunément badine au fond des cœurs. A ce que nous sentons, que fait ce que nous sommes? L'astre du jour se lève; il luit pour tous les hommes, lit le plaisir commun que répand sa clarté. Représente l'effet que produit la beauté.
MONDOR
J'entends. Tout vous est bon; rien ne vous importune, Pourvu que votre esprit soit e^ bonne fortune. A ce compte, un jaloux ne vous craindra jamais; Et vos rivaux, monsieur, peuvent dormir en paix. Et deux! A l'autre.
DAMIS
Hélas! en ce moment encore.
Je revois son image; et mon c^pril l'adore. Pour la dernière fois, tu me fais soupirer, Divinité chérie! U faut nous séparer.
Plus de commerce! Adieu. Nous rompons.
MONDOR
Quel dommage !
174 LA MÉTKUMA.NIE
L'union était belle. Et que répond l'image?
De mon cœur attendri pour jamais elle sort, Et fait place à l'objet dont nous parlions d'abord.
MONDOR
D'un poste mal acquis l'équité la dépose,
Et rien, avec raison, fait place à quelque chose.
DAMIS
Que celle-ci, Mondor, a de grâce et d'esprit!
MONDOR
C'est qu'elle aime les vers; et cela vous suffit.
DAMIS
D'est que... c'est qu'elle en fait des mieux tournés du inonde.
MONDOR
Pour moi, ce qui m'en plaît, c'est la source féconde Où nous allons puiser désormais les ducats.
DAMIS
Les ducats?
MONDOR
C'est de quoi vous faites peu de cas.
L'un de nous deux a tort; mais qu'à cela ne tienne. A.ura tort qui voudra, pourvu que l'argent vienne.
Enfin tu conçois donc qu'on en saura gagner?
MONDOR
Le bonhomme du moins ne veut pas l'épargner.