‹ Œuvres choisis avec une analyse de son théâtre et des notesChapitre 63 sur 221 · ACTE IV, SCÈNE I 2U · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I 2U

Ressemble, je le vois, aux chevaux ombrageux; Il faut les aguerrir, pour venir à bout d'eux.

MONDOR

Oh parbleu! ce n'est pas le faible de mon maître! Au contraire, il se livre aux gens, sans les connaître; Et présume assez bien de soi-même et d'autrui. Pour se croire adoré, sans que l'on songe à lui. Du reste, sait-il bien se tirer d'une affaire?

LISETTE

Ceux qui l'ont séparé d'avec son adversaire,

Disent qu'il s'y prenait en brave cavalier;

Et, pour un bel esprit, qu'il est franc du collier.

MONDOR

Il n'est sorte de gloire, à laquelle il ne coure. Le bel esprit, en nous, n'exclut pas la bravoure. D'ailleurs, ne dit-on pas : telles gens, tel patron; Et, dès que je le sers, peut-il être un poltron?

LISETTE

Voilà donc cet amour dont j'étais ignorante. Et que j'ai cru toujours un rêve de Dorante?

MONDOR

Mon maître ne dit mot; mais, à la vérité. Ce combat-là tient bien de la rivalité. En ce cas, mon adresse a tout fait.

Ton adresse?

HOKDOR.

Oui. J'ai, (\o sa conquête, honoré ta maîtresse

212 LAMÊTROMANIE

Celle qu'il recherchait ne me convenant pas, De Lucile, à propos, j'ai vanté les appas. Lui conseillant d'avoir souvent les yeux sur elle, Et de mettre un peu l'une et l'autre en parallèle. Il paraît qu'il n'a pas négligé mes avis.

LISETTE

11 se repentirait de les avoir suivis.

Envers et contre tous, je protège Dorante.

MONDOR

Gageons que, malgré toi, mon maître le supplante. Car étant né puëte au suprême degré, Lucile va d'abord le trouver à son gré. Monsieur de Francaleu déjà l'aime et l'estime; Du père de Dorante, il n'est pas moins l'intime : Et je porte un billet à ce père adressé, Qu'après s'être battu, sur l'heure, il a tracé. Sachant des deux vieillards la mésintelligence. Il mande à celui-ci, selon toute apparence. De rappeler un (ils qui fait ici l'amour, Et dont l'entêtement croîtrait de jour eu jour. Il saura, là-dessus, le rendre impitoyable. S'il aime enfin Lucile, ainsi qu'il est croyable. Prends de mes almanachs, et tiens pour assuré Jue le bonheur de l'autre est fort aventuré.

LISETTE

Mais cet autre, avec qui je suis de connivence, A pris, depuis un mois, terriblement l'avance. J'ai vu pâlir Lucile, au récit du combat.

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