‹ Œuvres choisis avec une analyse de son théâtre et des notesChapitre 62 sur 221 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MONDOR, LISETTE, habillée pour jouer, el tirant Hondor apr«j elle d'un air inquiet.

MONDOR

A quoi bon, dans le parc, ainsi tourner sans cesse, Pirouetter, courir, voltiger?

LISETTE

Mondor!

MONDOR

Qu'est-ce?

LISETTE

Tu ne voyais pas?

MONDOR

Quoi?

LISETTE

Qu'on nous épiait.

MONDOR

Quand ?

Le voilà bien sot !

MONDOR

Qui?

LISETTE

Le trait certe est piquant.

MONDOR

Quel?

L SETTE

Quel? qu'est-ce? quoi? quand? qui? L'amant de Lucile, Que son mauvais démon ne peut laisser tranquille, Dorante.

MO.NDOR.

Eh bien! Dorante?

LISETTE

Il nous a vus de loin, Ainsi que tu croyais m'aborder sans témoin. Sous ce nouvel habit, du bout de l'avenue, Qu'il ait cru voir Lucile, ou qu'il m'ait reconnue Près de toi. l'un vaut l'autre; et surtout son destin Semblant te mettre exprès une lettre à la main. Nous entrons dans le parc : il nous guette, il pétille; Il se glisse, et nous suit le long de la charmille. Moi qui, du coin de l'œil, observe tous ses tours, Je me laisse entrevoir, et disparais toujours : Dieu sait si le cerveau de plus en plus lui tinte! Tant qu'enfln je le plante au fond du labjTinthe, Où le pauvre jaloux, pour longtemps en défaut, Peste et jure, je crois, maintenant, comme il faut. Je ferais encor pis, si je pouvais pis faire. De ces cœurs défiants l'espèce atrabilaire

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