Htligion, Lex
Vous auriez à vous reprocher d'avoir manqué à Tobéissance et à Tamitié, si vous aviez parlé moins sincèrement à Madame... : il n'y aura une autre fois qu'à ne lui rien dire sur ces sujets-là.
Vous ferez fort bien, ma fille, de donner à M. votre fils les instructions nécessaires: mais comme il n'a pas encore l'âge, il n'est pas temps de l'abandonner à sa conduite.
Je prie Notre-Seigneur qu'il soit avec vous, et je vous bénis en son nom.
A Meaux, ce 10 novembre 1694.
C'est bien fait, ma fille, de m'exposer franchement les effets que font mes lettres : mais afin qu'elles n'en 'fassent jamais de mauvai^^il faut vous accoutumer à les bien prendre : car quoique dans le fond vous l'ayez fait, j'ai remarqué avec douleur qu'elles ont opéré un certain découragement, que vous ne*' paraissez pas même avoir assez connu, et qui enfin vous a fait croire que jamais vous ne vous corrigerez de rien, et vous a inspiré le dessein de retrancher quelques-unes de vos communions. Rien n'était plus éloigné de ma pensée ; ainsi vous avez fait mal d'entrer dans ces défiances. Gardez-vous donc bien de rien changer en cela, ni de restreindre votre cœur, parce qu'on vous fait voir vos fautes. C'est les voir utilement et comme il faut, que de relever soc courage au lieu de s'abattre à cette vue. La crainte de i:; ravoir déplu est encore poussée trop loin ; c'est mal enteiia/o la sincérité avec laquelle on parle^ aux âmes à qui on est redevable ; on leur dit, sans être ifâché, la vérité telle qu'elle est.
Au surplus, ma fille, laissez tout cela ; laissez vos peines sur vos confessions : ne vous gênez point en les faisant ; ayez seulement en vue l'avis que je vous ai donné : ne vous confessez point de la peine que vous me marquez. Tenezvous dans l'attente que je vous ai expliquée : observez sans anxiété les moments que je vous ai désignés ; et plutôt que de demeurer dans l'inquiétude, proposez toujours vos doutes, et acquiescez soit^à mes réponses, soit à mon silence. Soyez souple sous la main de Dieu, et di-