‹ Œuvres choissiesChapitre 122 sur 232 · PRINCESSE PALATINE · texte numérisé non relu

PRINCESSE PALATINE

Apprehendi ce ab extremis terras, & à longinquis cjûs Tocavi ce : elegi ce, ôc noû abjeci c« ; ne uxncas, quia ego cccum fuxn.

"Je fay prh fs» U mâin,pmfr U tâmenn des extrémité:^ de la terre: Je t^ay apfeSi ies lieux les plus éloigne::. ' j^^'^J €hoiff, é'jene fây pas rejette: ne crains Pointyparce ^ue je fuis avec îiy* C'eft Dieu mcûnc qui parle ainli. ifaiA iU.

OWSEIGNEUi^,

Je vcmdrois que tontes l« âmes éloignées deDku j âue cous Ceux qui fe perfaadenc

Fac-similé de la première' page de l'édition originale deVOraisonl/iinèbre d'Anne delGonzague (Bibl. nat,)^ .

ORAISON FUNÈBRE d'aNNE DE GONZAGUE 467

§ 2. — Oraison funèbre d'Anne de Gonzague princesse Palatine (9 août 1685).

Lk jet. — Anne-Marie de Gonzague était la seconde fille de Charles dfe, Gonzague de Clèves, duc de Nevers, de Mantoue et de Montferlat, j^ de Catherine de Lorraine. Elle naquit en 1616. Sa famille la feaorina à son aînée la princesse Marie, la future reine de Pologne, et elie fut toujours fort négligée. Elevée à Faremoutiers, puis à Avenay, ellï fut naîtresse d'elle-même à vingt ans. D'une rare beauté et d'un csprjt fertile et brillant, elle se jeta dans la galanterie et dans l'intri- ; ^e où elle réussit également.

Aucun scrupule religieux, aucun principe moral ne la retenaient : rendant la Fronde où elle joua un rôle prépondérant, elle servit tantôt Mazarin, tantôt les princes, souvent les deux partis à la fois. Un moment, lie fut récompensée de ses services par la Cour qui lui donna une pension et la surintendance •ie la maison de la reine.

C'est au moment où sa fortune "paraissait bien établie par les mariages brillants de ses enfants, qu'elle renonça brusquement au monde, quitta le parti des « libertins » ses amis, et ordonna sa vie d'après les règles d'une exacte piété, à l'imitation de son amie Mme de Longueville. Après douze années d'une vie pénitente et mortifiée, elle mourut le 6 juillet 1684.

Bossuet a été séduit par les contrastes de cette vie et par les leçons chrétiennes qu'il en pouvait tirer. Préoccupé depuis le commencement de sa carrière oratoire parle •< libertinage », irrité comme Pascal de l'incrédulité qui s affirme, il a profité de l'occasion pour adresser à tous les libertins aes arguments hautains et décisifs. La conversion de l'illustre princesse est une preuve de l'inanité de leurs pensées. Et, pour que cette chrétienne leçon fût plus complète, Bossuet n'a pas hésité à raconter les égarements de la Palatine ; discret comme son ministère l'exigeait, il a eu l'audace de tout dire adroitement, ou de tout indiquer. Cette oraison funèbre a donc un caractère nettement apologétique ; Bossuet le dit bien haut en commençant son discours : « Je voudrais

3ue toutes les âmes éloignées de Dieu; que tous ceux qui se persuaent qu'on ne peut se vaincre soi-même, ni soutenir sa constance f»armi les combats et les douleurs ; tous ceux enfin qui désespèrent de eur conversion ou de leur persévérance, fussent présents à cette assemblée. »

Analyse.— - Jîxordc et division, — Dieu a fait un miracle de grâce pour la conversion de cette princesse, qui doit donner confiance a tous les pécheurs. Nous verrons : 1" d'où la main de Dieu a retiré la princesse ; è» où la main de Dieu l'a élevée-

Première partie. — Naissance, éducation de la princesse. Son enfance heureuse dans les couvents de Faremoutiers et d'Avenay. Comment elle a dissipé son âme dans la vie mondaine, surtout au temps de son veuvage. Comment elle a employée l'intrigue la fertilité de son esprit; sa faveur à la Cour. Après une. conversion superficielle, elle revient à ses erreurs et sombre dans l'incrédulité. Attaque de Bossuet contre la vanité et la folie des libertins.

Deuxième partie. — Dieu lui-même est intervenu pour sauver la princesse. 11 lui a envoyé deux songes, le premier qui l'a décidée à se convertir, le second qui lui a donné connance. Vie pénitente de la princesse : austérités, charités, scrupules, foi, patience jusque dans la mort.

La princesse est un exemple proposé par Dieu aux pécheurs ; elle les jugera, s'ils ne l'imitent pas dans sa pénitence.

FRAGMENTS DE UORAiSON FUNÈBRE D^ANNE DE G0NZA6UE

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