‹ Œuvres choissiesChapitre 13 sur 232 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Exhorîalion à nos adversaires de retourner à Vunilé de VÉglise.

Après vous avoir proposé ces choses en toute sincérité et candeur, je vous laisse maintenant juger, nos chers Frères, ce que vous devez croire de votre ministre, qui non seulement vous entretient de si vains discours ; mais ce qui est encore plus insupportable, qui vous débite tant de faussetés sous le titre de Catéchisme. Rappelez en votre mémoire que Tordre de son discours exigeant de lui qu'il tâchât de mettre quelque différence entre nos ancêtres et nous, il a entrepris de prouver que nous ruinions le fondement du salut : et nous avons fait voir sans difficulté que la vérité lui manquant, il a eu recours à la calomnie. Si telle est la sainteté de notre doctrine, qu'il faille la déguiser nécessairement quand on veut la rendre odieuse avouez que les reproches de votre ministre sont la justil fication de notre innocence. Je ne vous apporterai point en ce lieu des témoignages qui vous soient suspecis ; vous pouvez apprendre dans son Catéchisme que c'est la haine et la passion qui produit les invectives sanglantes par lesquelles vos prédicants tâchent de décrier notre foi. Ne vous dit-on pas tous les jours que vos pères ont quitté TÉglise Romaine comme la Babylone maudite, dont il est parlé dans l'Apocalypse ? Et cependant votre catéchiste, qui nous fait le même reproche, confesse qu'elle engendrait les enfants de Dieu ; et par conséquent il ne peut nier qu'elle ne fût une vraie Église ^ Quel aveuglement ou quelle fureur de détester comme Babylone la mère et la

, 1. Bossuet reviendra constamment sur cette idée dans sa controverse avec les Protestants.

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nourrice des enfants de Dieu ! Combien de fois vous a-t-on prêché que c'est une idolâtrie de prier les saints ! Certes si c'est une idolâtrie, c'est le plus damnable de tous les crimes ; toutefois le ministre avoue, et il vous enseigne dans un catéchisme, que cette prière n'empêche pas le salut et n'en détruit pas les fondements. Donc c'est une horrible infidélité ^ de la qualifier une idolâtrie, et d'accuser les chrétiens innocents d'un crime si noir et si exécrable. Ne devez-vous pas craindre justement que les autres points de notre créance ne vous soient proposés dans la même aigreur; et êtes-vous si peu soigneux de votre salut, que vous ne vouliez pas donner quelque temps à vous faire éclaircir de * la vérité ? Souvenez-vous par quelles injures et par combien de titres infâmes on déchire parmi vous l'Église Romaine.

Néanmoins si vous raisonnez selon les principes de votre ministre, vous trouverez qu'elle a retenu tous les fondements de la foi, et ainsi que selon vos propres maximes, elle mérite le titre d'Église. Car vous l'accordez par acte public à la secte luthérienne, quoique vous la croyiez infectée d'erreur, parce que vous jugez qu'elle a conservé les principes essentiels du christianisme. Si donc ils sont entiers en l'Église Romaine, si ensuite elle est une vraie Église, comment pouvez-vous soutenir les injures dont vous la chargez? Et d'ailleurs si les catholiques possèdent l'Église, puisqu'il serait ridicule de s'imaginer que vous fassiez un même corps avec nous, ne paraît-il pas clairement que n'étant pas en notre unité, vous ne pouvez pas être en l'Église, et que votre perte est indubitable? Que reste-t-il donc, nos chers Frères, sinon que vous retourniez à l'Église en laquelle on vous a prêché que nos ancêtres faisaient leur salut jusqu'au milieu du siècle passé, et à laquelle on ne peut montrer qu'elle ait depuis ce , temps-là changé sa doctrine ? De sorte que si vous étiez en son unité, quoi que l'on objectât contre votre foi, vous auriez la consolation de voir que nos adversaires ne pourraient nier que plusieurs des enfants de Dieu ne soient morts en cette créance, et que Jésus-Christ n'ait

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