UNE LEÇON AUX ÉVÊQUES
Et vous, saints évêques, interprètes du ciel, juges de la terre, apôtres, docteurs, et serviteurs des églises ; vous qui sanctifiez cette assemblée par votre présence, et vous qui, dispersés par tout Tunivers, entendrez le bruit d'un ministère si favorable à l'Église, offrez à jamais de saints sacrifices pour cette âme pieuse. Ainsi puisse la discipline ecclésiastique être entièrement rétablie ! ainsi puisse être rendue la majesté à vos tribunaux, l'autorité à vos jugements, la gravité et le poids à vos censures ! Puissiez-vous souvent, assemblés au nom de Jésus-Christ, l'avoir au milieu de vous et revoir la beauté des anciens jours ! Qu'il me soit permis du moins dp ^-'aire des vœux devant ces autels, de soupirer après les antiquités ^ devant une compagnie si éclairée, et d'annoncer la sagesse entre les parfaits^ ! Mais, Seigneur, que ce ne soit pas seulement- des vœux inutiles ! Que ne pouvons-nous obtenir de votre bonté, si, comme nos prédécesseurs, nous faisons nos chastes délices de votre Écriture, notre principal exercice de la prédication de votre parole et notre félicité de la sanctification de votre peuple ; si, attachés à nos troupeaux par un saint amour, nous craignons d'en être arrachés 3 ; si nous sommes soigneux de former des prêtres
1. Les institutions anciennes de l'Église. — 2. I Cor, II ,6. — 3. Contre
que Louis puisse choisir pour remplir nos chaires ; si nous lui donnons le moyen de décharger sa conscience de cette partie la plus périlleuse de ses devoirs ; et que, par une règle inviolable, ceux-là demeurent exclus de l'épiscopat qui ne veulent pas y arriver par des travaux apostoliques? Car aussi comment pourrons-nous sans ce secours incorporer tout à fait à l'Église de Jésus-Christ tant de peuples nouvellement convertis ^ et porter avec confiance un si grand accroissement de notre fardeau ? Ah ! si nous ne sommes infatigables à instruire, à reprendrey à consoler, à donner le lait aux infirmes et le pain aux forts, enfin à cultiver ces nouvelles plantes, et à expliquer à ce nouveau peuple la sainte pai-oYe, dont, hélas! on s'est tant servi pour le séduire, « le fort armé chassé de sa demeure reviendra » plus furieux que jamais, « avec sept esprits plus malins que lui ; et notre état deviendra pire que le précédent* » I