‹ Œuvres choissiesChapitre 151 sur 232 · Ce qui. Grammaire : Pronom · texte numérisé non relu

Ce qui. Grammaire : Pronom

appelez éternelles, les vérités immuables et invariables qui ne peuvent pas ne pas être vérités, et que tous ceux qui ouvrent les yeux voient en eux-mêmes, et néanmoins au-dessus d'eux-mêmes, puisqu'elles règlent leurs raisonnements comme ceux des autres, et président aux connaissances de tout ce qui voit et qui entend, soit hommes, soit anges. C'est cette vérité que vous devez chercher dans vos sciences. Cultivez-les donc, mais ne vous y laissez point absorber. Ne présumez pas, et ne croyez pas être quelque chose de plus que les autres, parce que vous savez les propriétés et les raisons des grandeurs et des petitesses : vaine pâture des esprits curieux et faibles, qui après tout ne mène à rien qui existe, et qui n'a rien de solide, qu'autant que par l'amour de la vérité et l'habitude de la connaître dans des objets certains, elle fait chercher la véritable et utile certitude en Dieu seul. Et vous, observateurs des astres, je vous propose une admirable manière de les observer. Que David était sage observateur des astres, lorsqu'il disait : « Je verrai vos cieux, l'œuvre de vos mains, la lune et les étoiles que vous avez fondées^ I » Figurez- vous une nuit tranquille et belle, qui dans un ciel net et pur étale tous ses feux. C'était pendant une telle nuit que David regardait les astres, car il ne parle point du soleil ; la lune, et l'armée du ciel qui la suit, faisait l'objet de sa contemplation. Ailleurs il dit encore : « Les cieux racontent la gloire de Dieu » : mais dans la suite il s'arrête sur le soleil : < Dieu a établi, dit-il, sa demeure dans le soleil, qui sort richement paré, comme fait un nouvel époux, du lieu de son repos 2 », et le reste ; d'où il s'élève à la lumière plus belle et plus vive de la loi. Voilà ce qu'opère dans l'esprit de David la beauté du jour. Mais, dans l'autre psaume, où il ne voit que celle de lanuit,il jouit d'un sacré silence; et dans une belle obscurité il contemple la douce lumière que lui présente la nuit, pour de là s'élever à celui qui luit seul parmi les ténèbres. Vous qui vous relevez pendant la nuit, et qui levez à Dieu des mains innocentes dans l'obscurité et dans le silence, solitaires, et vous,

1 Psaîm., VIII, 4. — 2. Psalm., XVIII, î, 6, 8.

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