ACCORD DU VERBE AVEC SON SUJET
Accord en personnes. — 1® Le verbe qui a pour sujet le relatif qui prend la personne de l'antécédent logique, c'est-à-dire qu'il s'accorde en personne avec le sujet de la proposition principale. « Nous sommes des enfants qui avons besoin. « (Ambition). C'est l'usage de la fin du dix-septième siècle ; il n'était pas encore établi à Tépoque précédente et Bossuet lui-même a dit : « Je suis»'telui qui est. » (LImpénit. Finale), 2" yuand il y a plusieurs sujets dont lés uns sont de la 1" ou de la 2« personne et les autres de la 3", Bossuet met souvent le verbe à la 3*. « Vous et vos enî&nis porteront votre iniquité. » {Méditât.).
Accord en nombre. — Après plusieurs noms sujets, unis -ou non par et, Bossuet fait souvent accorder le verbe avec le plus rapproché, et le met au singulier, même si les autres sujets sont au pluriel. «L'ardeur de leur dispute et leur religion arbitraire est devenue. » Reine d'Anglet.). « Voilà ce que disait saint Bernard et tous les saints,» (Saint Bernard) Cf. « Sa bonté, son pouvoir, sa justice est immense. » Corneille, Polyeucte, I, 1).
Accord du verbe ETRE avec le pronom CE. — Au dix-septième siècle, le verbe èlre précédé du pronom ce et suivi d'un nom pluriel se met au pluriel ou au singulier ; nous mettons aujourd'hui le pluriel ; Bossuet préfère le singulier. « C'est des soldats. » (Condé.) «« Cest nos Indignes pasteurs. » (Pâques.) Cf. « Puisque c'est eux qui en demeurent
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d'accord. » (Sévigné.) Cependant Bossueta écrit : « Ce sont, messieurs ces clioses simples. » (Condé.)
COMPLÉMEIfT DU VERBE
Pléonasme du complément indirect. — Suivant Tusage du seizième siècle, Bossuet emploie des compléments indirects qui forment pléonasme. « C'est à vous à qui je dois demander si vous le recevez. « {Varicrt.) Cf. « C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler. » (BoiLEAU, Sat. IX.)
Nature des compléments. — Après un seul verbe, Bossuet emploie des compléments de nature différente (un nom et une proposition avec que ou une proposition infînitivc). Voir à la Conslruclion,
Les compléments et les prépositions. — On trouve dans Bossuet une fouie de verbes dont le complément indirect est marqué par des prépositions autres que celles Jjue nous employons aujourd'hui. Bossuet dit espérer à, désirer de, disputer de, exhorter de, insister à, tourner à, s'étonner comment etc. —Voir à la Préposition.
Compléments directs avec des verbes aujourd'hui in transitifs. — Bossuet donne un complément direct à certains verbes qui sont intransitifs aujourd'iiui. « Qui put échapper ses mains. » (Condé.) « Chacun peut tout prétendre. » {Auertiss. Protesl.). Il faut noter un verbe intransitif qui reçoit comme en latin un complément de l'objet intérieur. « Dormez votre sommeil. >» (Le Tellier).
Verbes actifs employés sans complément. — Bossuet emploie certains verbes transitifs absolument. Ex. |: Enfoncer (Clèues), suivre (Unité de l'Eglise), apprendre {Reine d'Angl.), ôter {Ambition), arrêter Honneur), endurer {Saint Paul), etc.
Complément du verbe passif.— 1» Le plus souvent dans Bossuet le complément du verbe passif est marqué par la préposition de. « Trahi de tous les siens, il ne s'est pas manqué à lui-même. » {Reine d'Anglet.). Cf. « O ciel, si notre amour est condamné de toi. » (Racine Bajazet,!, 4). 2» Le complément du verbe passif est quelquefois marqué parla préposition à ; il en est toujours ainsi après un verbe à l'infinitif précédé du verbe laisser — ce qui est une vraie construction passive. * Des lecteurs dont le jugement ne se laisse pas maîtriser aux événements ni à la fortune. » {Reine d'Angl.),