EMPLOI DU VERBE PRONOMINAL RÉFLÉCHI
Bossuet, comme les écrivains de son temps, donne une forme pronominale à des verbes qui l'ont perdue depuis. Tantôt il les emploie avec une valeur de verbes passifs : a On se transporte avec lui en l'écoutant. » {Variations .) « L'élection (des rois) s'en faisait par le peuple. » {Hisl, Univ.). Cf. « Les plus grandes choses se gâtent par l'emphase. » (La Bruyère.) Tantôt il les emploie à la place d'un verbe intransitif, par une tournure qui est fort élégante : « L'histoire qui se commençait. » {Madame.) « Les fleurs des champs qui se passent du matin au soir. » {Prov.).
i^PLOI DU VERBE FAIRE
Bossuet emploie fréquemment le verbe faire pour remplacer un verbe transitif dont il veutéviter la répétition.» Ils se laissèrent égorger comme on aurait fait des animaux sans courage. i>{Hist. France). « 11 fallait cacher la pénitence avec le même soin qu'on eût fait les crimes. » {Reine d'Angl.). Cet emploi de faire est aujourd'hui restreint à des locutions proverbiales. Pour l'accord du participe fait, voir le participe.
EMPLOI DES AUXILIAIRES AVOIR et ÊTRE
L'emploi des auxiliaires avoir et être n'est pas réglé par des lois précises au dix-septième siècle; on n'a pas encore défini que avoir indique l'action et être l'état. Bossuet emploie les deux auxiliaires indifféremment; il met ayoir où nous mettons être et réciproquement. « Ma surprise est bien cessée. » {Honneur,) « Il voit que tout le temps lui es^ échappé. » {Impénit. Finale.) Cf. « Ce mot m'est échappé, je n'en fais point d'excuse. » (Corneille, Œdipe.)