LOUE
Intempérie. — Défaut d'un juste tempérament. « Quelle intempérie a causé ces agitations. • {Reine d'Angleterre.) S'applique surtout au temps et aux humeurs.
Bossuet lui donne le sens de maladie de l'esprit.
Intraitable. — Difficile à manier {Iractare). « Après tant de sortes de miracles qu'il fait faire tous les jours aux plus intraitables, je veux dire au feu et à l'eau. » {Mort.) Cf. « Cette secte m?raz7a6/c et qui fait vanité || D'endurcir les esprits contre l'humanité. » (Voltaire, César, 1, 1.)
Invincible.— Dans le sens de :
inexpugnable, qui ne peut être forcé. « Tiré d'un poste invincible par l'appât d'un succès trompeur. ■ (Condé.) — Bossuet emploie souvent invincible dans son sens primitif : qui ne peut être vaincu.
Ire. — Ce mot signifie colère et est un peu vieux. Cependant il est toujours reçu dans la belle poésie en parlant des cieux. des dieux et des princes souverains. » (Riche- LET.) « Apaiser Vire de Dieu. »
{Variations.) Cf. «< Tous les maux
que sur nous ïirt du ciel répand.
« (Molière, Amour Médecin, II, 7.)
Irrité. — Excité par la contradiction et la difficulté. «< Son courage irrité vint à son secours. »
{Condé.) « Ma haine est un effet d'un amour irrité. » (Rotrou, Bélisaire, I, 3.)
Jugement. — Endroit où l'on
juge, sens étymologique {judicium). « J'ai vu l'impiété en la place du jugement. » {Providence.) Je ne connais pas d'autre exemple de cet emploi.
Justice. — Etat de grâce. Mot de la langue théologique. « Dans les œuvres de votre justice. » {Honneur.) Cf. « 11 a promis d'accorder la justice aux prières. » (Pascal, Pensées.)
Justifier. — 1«» Donner la justice, la grâce. « Ces tribunaux de miséricorde qui justifient ceux qui s'accusent. >» {Reine d'Angleterre.) Cf. «Jésus-Christ est venu appeler à la pénitence et justifier les pécheurs. » (Pascal, Pensées); 2» mon- I trer qu'une chose est fondée en raison. « L'expérience a justifié ses sentiments. » {Reine d'Angleterre.) « La victoire le justifia devant Rocroy. ^y {Condé.) Cf. « C'est consoler un philosophe que de lui justifier ses larmes. » (Molière, Sonnet à La Mothe le Vayer, préf.)
liaborieux. — Qui coûte beaucoup de travail. « Les ouvrages seraient laborieux. » {Dignité des Pauvres.) Cf. « Tous les titres dont l'Eglise vous revêt à l'ordination
sont des titre» laborieux. » (Massillon).
liCttres (bonnes). -- Les bonnes lettres signifient les belles lettres.
« L'esprit poli par les bonnes lel^ 1res. » {Saint Bernard.)
EiCgitimc. — Qui a un caractère légal. « L'autorité de convoquer les assemblées légitimes. » {Hist.
Univ.)
liitoertînagc— 1* Liberté portée jusqu'à la licence. « Le //6eriinage d'esprit... a emporté les courages, n {Reine d'Angleterre.) Cf « Voyez un peu où me porte le libertinage de ma plume.» (Sévigné); 2* Indépendance à l'égard des religions, impiété. C'est le sens habituel au dix-septième siècle.
liiccnce. — Permission de tout faire et abus qu'on fait de cette permission. « Ils pourraient avec la même licence souhaiter de voir violer la sainteté de l'autel. »
{Parole de Dieu.) 11 a rarement cette force chez les autres écrivains. Cf.
« Qui donc est ce coquin qui prend tant de licence ? » (Molière, Amphitryon, 1, 2.)
liicencieux. — Trop libre, téméraire (n'a pas le sens d'immoral). V L'Angleterre... trop licencieuse dans ses sentiments. » {Madame.) • Les anciens étaient sans doute encore bien plus licencieux quand ils ne donnaient à leurs tragédies que le nom des chœurs. »
(Corneille, Examen de la Galerie du Palais.)
liieu. — Place. « Ne laisserait à ïa fin aucun lieu à l'art. » {Discours à lAcadémie.)
liOcution. — Elocution, style.
Il ira avec cette locution rude. »
[Saint Paul.) D'après Richelet le mot employé dans ce sens ne se dit guère.
liumières. — Traits éclatants
(en latin, lumina orationis). « Mes discours ne sont point ornés des lumières de l'éloquence. » {Saint Paul.)
Malice. — Ce qu'une action a de coupable et de malfaisant (sens théologique.) « On se lasse de n'avoir que la malice du crime. »
{Ambition.)
Malicieux. — Porté à mal faire.
« Les retours de sa dure et malicieuse puissance. r> {Ambition.) « Serait-elle malicieuse que de s'être tuée pour me faire prendre ? »
(Molière, Dandin, III, 6.) ^
Malignité. — Disposition maladive à faire le mal. « Il y a en nous une certaine malignité. » {Ambition.) Cf. « Je n'ai pas cette basse malignité de haïr un homme à cause qu'il est au-dessus des autres. » (Voiture, Lettre 74.)
Malin. — Qui prend plaisir a faire du mal, empoisonné {malignus). « N'est-ce pas mettre le feu à l'humeur maligne. » {Ambition) « Et je mets à profit leurs malignes fureurs. » (Boileau, Epitrel.)
Manifeste. — Aussi net que si on pouvait y porter la main {manus). « Son âme... a vu la lumière toute manifeste. » {Madame.) Cf.
« J'écarte de vos jours un péril manifeste. «(Racine, Bajazet, II, 1.)
Masse. — Argile (cf massa, pâte.) « Etant tous pétris d'une même masse. » {Dignité des Pauvres.)
Mécanique. — Digne d'un ouvrier. « Il est réduit à gagner sa vie par l'exercice d'un art mécanique. » {Saint Paul.) Cf. « Personnes viles et mécaniques. »
(Amyot, Périclès.)
LEXIQUE
Hféronnalssant. — Ingrat.
« C'est vouloir qu'on soit aveuf?Ie ou méconnaissant. » {Honneur.) Cf.
« Je lui ai sauvé la vie... et il en a été si méconnaissant «'(Scarron, Roman comique, I, 5.)
Illcdiocro. — Qui est entre le grand et le petit (mediocris). « Ce n'est pas un crinie médiocre. « [Honneur.) « Tous leurs dieux, et les plus grands, et les médiocres et les plus petits. » {Histoire Universelle.) Cf. « Dans les pertes médiocres on surprend ainsi la piété des auditeurs. (Fléchier.)
Méditer. — Projeter, préparer {medilari). « Je médite son panégyrique. » {Saint Paul.) Cî. « J'ignore contre Dieu quel projeton médite. »
(Racine, Alhalie, IV, 5.)
niéinoiro. — 1° Tombeau, autel élevé à la mémoire d'un saint {in memoriam). « Il s'en va à la mémoire des Apôtres. » {Saint François d'Assise); 2<» faits dont on se souvient.
« Rappelant en mon esprit la mémoire de tous les siècles. » {Providence.}Ct « Lamémoire des temps passés, la comparaison de l'état présent, tout éleva mon cœur à de hautes pensées. » (Volney, Ruines, I.)
Ménage. — Economie, administration. « Répondre à ce juge inexorable non seulement de I?
dépense, mais encore de l'épargne et du ménage. » {Dignité des Pauvres.) Cf. « Lui, berger, pour plus de ménage, || Aurait deux ou trois mâtineaux. » (La Fontaine, Fa6/e5, VIII, 18.)
Ménager. ~ 1» Employer avec ordre et soin, administrer. «Pourrait-on justifier la Providence de mal ménager les trésors. » {Dignité des Pauvres.) Cf. « Son adroite verra ménage son crédit. « (Racine, Britannicus, IV, 4); 2» préparer habilement. « Ménager la faveur
des hommes. » {Honneur. )Cf. « Souffrez que je ménage un moment de retraite... (Corneille, Agésilas.)
Ménager (se). — S'observer.
« L'impudicité... si peu qu'elle s'étudie à se ménager. » {Honneur.) Cf. « Je me ménage (pour ne pas trop parler de Mme de Grignan) selon les lieux, les temps et les personnes avec qui je suis. » (S*-
VIGNÉ.)
MerveiUenx. — Étonnant, surprenant (non admirable.) « Cette merveilleuse faiblesse. » (Saint Paul.)
Milice. — Armée {mililia). « De tout cela s'est formée la meilleure milice. » {Histoire Universelle.) Cf.
« C'est là qu'on vit ce dont il n'y a peut-être pas deux exemples de plus, des milices toutes nouvelles égaler dans le premier combat l'intrépidité des vieux corps. »
(Voltaire, Charles XII, 5.)
Mitoyen. — Qui est placé entre deux choses extrêmes ou opposées.
« Troisième ordre comme mitoyen entre les patriciens et le simple peuple. » {Histoire Universelle.) Cf.
« Platon établit trois sortes de dieux, des dieux supérieurs, des dieux inférieurs et des mitoyens. »
(Fénelon, Platon.)
Mode. — Manière {modus). « Horace est bon à sa mode. • (Lecture et style...) Cf. « Nature qui sert un chacun à sa mode. » (Régnier Satire 7.)
Monstre.— Assemblage contre nature ; sens étymologique {monsîrum). « De là naissent des monstres de crimes. » {Reine d'Angle^ terre.) Cî. « Et de là sortiront des merveilles ou des monstres de raisonnement. » (Buffon, Nature des Animaux.)
Montre. — Apparence; ostentation.* Il y a quelque montrées
courage. » [Honneur.) Cf. « Le nom de ce panégyriste semble gémir sous le poids des titres dont il est accablé... Quand, sur irne si belle montre... » (La Bruyère.)
mortalité. — Condition des êtres vivants qui les rend sujets à la mort. « Voyez la mortalité qui vous accable. » [Ambition.)
Munir. — Fortifier [munire.) « Ou bien qu'il munît un camp. »
[Condé.) Cf. « Vous pouvez cependant faire munir ces places. » (Corneille, Nicomède, II, 3.)
ni utabilité. — Caractère de ce qui est changeant (terme théologique et philosophique.) « La mutabilité naturelle de nos désirs. »
(Madame.) « Cf. Tout change sur la terre parce que tout se sent de la mutabilité de son origine. » (Massillon.)
Muable. — Sujet au changement [mulabilis.) « Nous qui ne voyons rien que de muable. » (Mort.)
Mutation. — Révolution dans les choses humaines. « Les exemples des grandes mutations, ^^ [Reine d'Angleterre.)
Mystère. — Secret religieux qu'il est difficile de pénétrer. « Le mystère d'ignominie que nous commençons de célébrer. » (Honneur.) Cf. « Nos magistrats ont bien connu ce mystère (l'effet que la pompe fait sur la foule. » (Pascal Pensées.)
Malssanee. — Dispositions naturelles. « Quoique une heureuse naissance eût apporté de si grands dons à notre prince. » (Candi.)
IVaturel. — Caractère extérieur et matériel. « Il compte la cavalerie des eoneniis par le naturel des
pays » [Condé.) N'est plus d'usage que dans le sens de caractère moral.
Hfé. — Qui appartient à une famille noble. » Ce qui ne manque presque jamais à ceux qui sont nés, » [Style et Lecture.)
IVom. — Réputation, importance.
« Vingt autres places de nom ouvrent leurs portes. » (Condé.) Cf.
« 11 n'y eut qu'un homme de quelque nom tué, c'est Reauregard qui avait été page du roi. » (Pellis- SON, Lettres historiques^ III.)
IVourri. — Elevé (nourriture = éducation.) « Figurez-vous maintenant le jeune Rernard nourri en homme de condition. » [Saint Bernard.) Cf. « Vous êtes un enfant mal nourri, mais n'importe. >» (Th.
Corneille, Geôlier de soi-même^ V, 8.)
Occuper. — Remplir et dominer entièrement l'esprit (occupare).
« Ceux-ci, occupés du premier objet. » {Reine d'Angleterre.) « Le monde nous occupe. » (Madame,) Cf. « Quun sentiment plus juste occupait tout mon cœur î » (Voltaire, Zaïre, III, 6.)
Offusquer. — Obscurcir (o6, fus- CU5, corps sombre interposé). « Sans que la mort s'y mêle pour tout offusquer de son ombre. >> (Madame.) Cf. « Tes voiles offusquant leurs yeux de toutes parts. » (Roileau, Satire ii.)
Opiniâtreté. — Attachement aveugle à son opinion (opinio), « Dès lors on a bien prévu... que Vopiniâtreté serait invariable. »
(Reine d'Angleterre,)
Oppressé. — Pour opprimé [oppressus)f archaïsme. «« Protégez Voppressé. • (Conception.) Cf. «Ne
LEXIQUE
me préfère pas le tyran qui m'oppresse. » (Corneille, Cinna^ III, 2.)
Oraison. — SigniOe à la fois un discours qui est prononcé en public « les oraisons de Cicéron »
— et le style en général: « le solécisme est un vice d'oraison. »
Ordonner. — Disposer, destiner à {ordinare), « (Les Gentils) dont il est ordonné l'apôtre. » {Saint Paui) Cf. « Que prudemment les deux savent tout ordonner, » (Corneille, Médéet IV, 3.)
Ordre.— Disposition des choses, plan [ordo). « Il faut la durée du monde pour développer les ordres d'une sagesse si profonde. »» {Providence.) Cf. M Je souffre ces mots comme étant dans Vordre de la Providence. » (Sévigné.)
Ordure. ~ Dérèglement dans les actions {horridus) « Quand je vois des chrétiens qui. ..retournent après à leurs premières ordures.. »
{Samedi saint.) Cf. « Que le cœur de l'homme est creux et plein d'ordure. » (Pascal, Pensées.)
OntraseaiK. — Qui outrage.
« Un mépris sî ontragenx. » {Honneur.) Cf. « Ne m'assassinez point, je vous prie, par les sensibles coups d'un soupçon oulrageux. » (Molière, Avare, I, 1.)
Pardonner. — Epargner (parcere). « Ne pardonnons point à la veuve. » {Impénitence finale.) Cf.
« La mort ne pardonne à personne. »
Parricide . — Tout crime énorme et dénaturé. Bossuet l'emploie dans le sens de régicide. « Je confesse que la haine des parricides pourrait jeter les esprits dans ce sentiment. » {Reine d'Angleterre.) Cf.
t Serai-je parricide (tuerai-je mon
fils) afin d'être bon père ? (Racine,
Thébaîde, III, 4.)
PartiaUté. — !• Esprit de faction, de parti (pars). « Tous les membres conspiraient à l'utilité publique sans partialité. • {Histoire Universelle) ; au pluriel, factions.
« Sire, Votre Majesté éteindra dans tous ses Etats les nouvelles parf/alités. » (Devoir des Rois.)
Particulier. — De simple particulier, privé. « Ce n'est pas mon dessein de considérer aujourd'hui saint Paul dans sa vie particulière. » (Saint Paul.) « La simplicité d'une vie particulière. » (Madame.)
Parti. •— Petit corps destiné à faire des reconnaissances (d'où partisans), « Ses partis lui rappor* tent, » (Condé.) Cf. .• Les partis vinrent jusqu'aux portes de Paris et enlevèrent le premier écuyer qu'ils prirent pour le Dauphin. »
(Duclos.)
Passer. — !• Verbe transitif, dépasser. « Un courage qui passe l'homme. » (Saint Bernard.) » Douleur si tuante qu'elle passe l'imagination. » (Passion.) Cf. « Leur figure pa.çsazf l'imagination. » (Hamilt. Grammont, 3); 4« verbe intransitif, se faner, disparaître. « Madame a passé du matin au soir. »
(Madame.)
Peine. — Châtiment, sens étymologique (pasna). « Craignez la peine. >» (Réfutation Catéchisme Ferri.) Cf. « Tu redoubles ta peine avec cette insolence. » (Corneille, Médée, V, 7.)
Penchant. — Pente. Aujourd'hui ne s'emploie qu'au sens mo* rai. « Sa rapidité ne trouve pas partout les mêmes penchants, »
{Reine d'Angleterre.)
Pendu. — Suspendu. « Le Sauveur pendu à la croix. « (Saint Bernard.) Cf. « Et les glaives qu'il tient
pendus \\ Sur les plus fortunés coupables. » (Corneille, Polyeucte, IV, 2.)
Persévérammcnt. — Avec persévérance. « Si Votre Majesté téxnoigne persévérammenl. » (Lettre à Louis XIV.) Archaïsme.
Persuasion. — Le fait d'être persuadé, la conviction. « Afin qu'on ne puisse douter de leur persuasion. » (Histoire Universelle.) Cf. « Tout cela n'ébranla pas ma persuasion. » (Rousseau, Confessions, XII.)
Peuples. — Les sujets, les simples particuliers. « Si je laisse aller les peuples en Jérusalem. »
(Honneur.) « Y enez, peuples, venez maintenant. » (Condé.) Dans ce sens ne s'emploie plus qu'au singulier, le peuple.
Pillerie. — Action de piller.
«« Il faut qu'elle se remplisse par des pilleries. » {Impénitence finale.) Cf. « On roua avant-hier un violon qui avait commencé la pillerie du papier timbré. » (Sévigné.)
Pitoyable. — Enclin à la pitié, plein de pitié. « Charitables par intérêt et pitoyables par force.
{Conception) » Cf. * D'un regard pitoyable ils ont séché mes lar- ^ mes. » (Molière, Femmes savantes, * I, 2.) Pitoyable signifie aussi qui excite la pitié, qui touche : « Un discours pitoyable. »
Plaintif. — Qui se plaint à tout propos. « Les peuples sont plaintifs naturellement. » (Lettre à Louis XIV.) Cf. « Les passions malheureuses sont plaintives. »
(Voltaire, Lettres.)
Plaisant. — Agréable, qui plaît (mot tombé en désuétude, dans ce sens). Cf. « Tout ce qu'il y a d'honorable et de plaisant dans le monde. » (Saint François d'Assise.) Cf. « C'est une chose hélas ! si
plaisante et si douce « (Molière, Ecole des Femmes, II, 5.)
Plausible. ~ Qui mérite des applaudissements. wK Mais peut-être que sa doctrine sera si plausible et si belle, n (Saint Paul.) Cf. « De plausibles maximes. » (Rotrou, Ven^ ceslas.)
Ployer. — Fléchir, s'incliner.
« Tant il est vrai que tout ploie.., quand Dieu le commande. » (Reine d'Anylelerre). Cf. « Il n'y a rien dans ce royaume qui ne ploie sous votre autorité. . (Balzac, Lettres, 11,20.)
Point. — !• Moment précis. « Un dernier point détruit tout. « (Mort) ; 2° à notre point, à notre fantaisie.
« Nous croyons pouvoir fléchir plus facilement la sainte Vierge et les saints et les faire venir à notre point. r> (Conception.) Cf. « Mme de Maintenon avait résolu d être la véritable gouvernante de la princesse, de l'élever à son gré et à son point, » (Saint-Simon.)
Pointillé. - Contestation subtile sur un sujet sans importance « Tout consiste en/)om?z7/e. » (Lettre à Leibnitz.) Cf. a Les vétilles, les pointillés de toute espèce d'exactitude et de précision faisaient moins aimer Maupertuis. » (Saint- Simon, I, 23.) Mot rayé du Dictionnaire de l'Académie.
Police. — Organisation d'une société bien réglée. Mot très fréquent chez Bossuet. « Selon la police humaine. » (Dignité des Pauvres.) « Où l'on voit une police admirable. » (Unité de iEglise.) Cf.
« Corrigé lapo/ice et réformé l'Etat.»
(Boileau, Satire 3.)
Poli. — Cultivé, élégant (politas.) « Cherchez des termes polis,»
{Saint Paul.) Cf. « Votre intendant jure qu'on ne peut pas faire uiie meilleure chère, ni plus grande, ni plus polie. » (Sévigné.)
LEXIQUE
Politesse. — Culture, élégance de l'esprit. « L'érudition de lapo/ilesse. * {Discours à l'Académie.) Cf- ♦« La politesse de l'esprit consiste à penser des choses honnêtes et délicates. » (La Rochefoucauld, Maximes.)
Pompeux. — <^ui a de la pompe, de l'éclat. * Cette ville pompeuse. »
{Dignité des Pauvres,) « Si elle avait été plus fortunée son histoire serait plus pompeuse. » {Reine d'Angleterre.) Cf. « Enfin .ce jour pompeuXt cet heureux jour nous luit. »
(Corneille, Rodogune, I, 1.)
Porter. — !• Comporter, admettre, tt Dieu seul doit être imité en tout autant que le porte la faiblesse humaine. » {Ambition.) Cf.
« Le suisse, le valet de chambre...
s'ils n'ont plus d'esprit que ne porte leur condition. » (La Bruyère) ; 2«» reporter, faire remonter, tt Quand nous avons porté sa sainteté jusqu'au moment de sa conception. » {Conception); S» soutenir, supporter. « Les accoutumer à porter la vue de la vérité toute pure. « {Cond. néces. pour être heureux.) Cf. « Louis XIII voulait être gouverné et portail impatiemment de l'être. » (La Rochefoucauld.)
Poudre. — Poussière (pulvis).
• Ce cœur... se réveille toutpoudre qu'il est. » {Reine d'Angleterre.) Cf « Voir ses maisons en cendre et tes lauriers en poudre. » (Corneille, Horace, IV, 6.)
Pousser. — !• Produire, faire naître. « Les biens que le monde donne accroissent certains désirs et en poussent d'autres. >• {Toussaint); 2» faire entendre. « La voix que Jésus-Christ pousse est sans doute la plus puissante. ■ {Assomption) ; 3* exprimer, manifester.
« Nos poètes... qui ont voulu faire les héros galants et leur font pousser... des sentiments twidres. »
{Lettres) ; 4» faire monter vers.
u Les vœux qu'elle pousse au ciel pour le salut. » {Passag. Eclaire.) ; 5« faire plier, enfoncer. « On le vit presque en môme temps pousser l'aile droite de l'ennemi. * {Condé) ; 6" courir. « Il tomba de cheval étant à la chasse, pendant qu'il poussait après un loup à toute bride. » [Histoire de France). 7* se risquer, aller de l'avant. « Qui a su le mieux pousser ou se ménager suivant U ^ rencontre. • «riNV
Pratique. — Menées, intellif^ences secrètes avec un parti. « Les sourdes pratiques que les Tarquin»
faisaient à Rome. >> {Histoire Universelle.) Cf. •Le renard ménager de secrèies ^^i^iques. » (La Fontaine, Fables, V, 19.)
Précisément. — Avec précision et exactement. « Personne ne s'explique plus pr^cisëmenf. » {Variations.) Cf. « 11 n'y a presque personne qui ne pense plutôt à ce qu'il veut dire qu'à répondre précisément à ce qu'on lui dit. » (La Rochefoucauld.)
Préjugé. — Jugement précipité et sans critique ij)rx judicare.) « L'obscurité de nos connaissances qui vient des préjugés de nos sens. » (AforL)
Préoccupé. — Entièrement pris d'avance par une pensée, un désir. « La simplicité de l'Ecriture causera un dégoût extrême à leur esprit préoccupé. » {Conception.) Cf.
« Il ne persuada point M. le prince qui était déjà préoccupé. » (Retz, Mémoires.)
Présent. — Qui agit promptement et avec efficacité {prsêtns).
a Vengeur présent de la Majesté violée. »> {Reine d'Angleterre.) Cf.
« Il faut souffrir que je prenne un grand et présent intérêt à vous. »
(SÉVIGNÉ
Pressentent. — A(5lion de près-
ser; mouvement violent qui pousse à faire une chose « Les pressements du dedans... sont de droit soumis à l'obéissance. » {Lettres à Mme Cornaau.) Bossueta souvent employé ce mot qu'on retrouve peu après lui.
Présumer. — Escompter d'avance un résultat fprajsumerc) et par conséquentavoirdesoi, de sa valeur une opinion trop avantageuse. « Mais la jeunesse, téméraire et malavisée qui présume toujours beaucoup. »
(Saint Bernard). Dans ce sens présumer est de la langue du seizième siècle.
Prévenir.— !• Sens théologique, agir Bans que nous l'ayons mérité. « C'est dans la vocation qui nous prévient, >» {Madame) ; 2* agir avant un autre. « Le prince l'a prëvenu. » {Condé) ; 3° faire naître d'avance certaines dispositions dans l'esprit. « On s'y laisse prévenir contre des dogmes certains. >> {Variations, Ylil.)
Prodige. — Monstre, au sens péjoratif. « Elle a formé ce prodige qu'on appelle l'homme. »
{Mort.) Cf. « Quelle chimère estce donc que l'homme, quel prodige ! » Sens habituel au dix-septième siècle.
Prodigieux. — Comme prodige, a un sens péjoratif. « Qui sait, élan; revenue de ses erreurs prodigieuses.,. » {Reine d'Angleterre,)
Production. — Manifestation, expression, sens étymologique {productio). « Sincère production d'une âme. {Madame) » Rare avec cette construction.
Proie. —En proie {in prœdam) à l'état de bien pillé et déchiré.
« Tout ce que la religion a de plus saint a été en proie. » Cf.
« Aujourd'hui ce royaume de France est en proie, m (Montluc.) Archaïsme.
Prosiemé. — Abattu, tombé à
terre {proêtratus). * Le voilà prosterne, » {Passion.) Cf. « A ces mots, il se couche ; et chacun étonné il Admire le grand cœur, le bon sens, l'éloquence l| Du sauvage ainsi prosterné. » (La Fontaine, Fables, XI, 7.)
Publier. — Dire publiquement etsouvent.« Celui-ci publiait de son côté qu'il agissait sans inquiétude. » {Condé.) Cf. « Les Dieux vont s'apaiser : du moins Chalcas publie II Qu'avec eux, dans une heure, il nousréconcilie. »(Racïne, Iphigénie, III, 3.)
Pur. — Intègre, qui ne se laisse
pas corrompre. « Notre sage magistrat... d'autant plus pur et d'autant plus ferme dans Tadministration de la justice. » {Le Tellier.)
Purgé. — Se justifier, se disculper. « Après qu'ils s'en seront purgés eux-mêmes. »> [Variations.) Cf. « Purge-ioi d'un forfait si honteux et si bas. » {Corneille, Nicomède, IV, 2.)
Quartier. — Employé par Boasuet dans son acception militaire.
!• corps de troupes rangées en bataille. « On le voit en même temps à tous les quartiers. » {Condé.) Cf.
« M. de Luxembourg a assemblé ses quartiers. «(Pellisson, Lettres); 2» vie sauve. Le quartier est le logis ; demander quartier est demander le logis, la vie sauve ou bien on peut entendre : faire quartier, épargner la quatrième partie, on se contentera de la quatrième partie (cf. décimer.) « Les bataillons enfoncés demandent quartier. » {Condé.) Cf. « Ne veillez plus, n'imprimez plus, le public vous demande quartier. » (La Bruyère, Vïïl.)
LEXIQUE
Rania«ser. — Rassembler pour un effort. « Il ne faut pas ramasser son attention au lieu où se mesurent les paroles. » (Parole de Dieu.) Cf. « Ramassant un reste de vigueur. » (RoTROU, Antigonet 11, 3.)
Rassis. — Qui a un caractère de calme moral. « Cette force ne leur permet rien de rassis et de modéré. » {Saint Bernard.)Cf. «Voici mes projets.,, ceux de mon fils me paraissent tout rassis. » (SÉviaNÉ.)
RaTUfr (so). — S'abaisser, 'se mettre au rang des êtres vils. « Ce que Jésus-Christ est venu chercher du ciel en la terre, ce qu'il a cru pouvoir sans se ravilir acheter de tout son sang. » (Madame )
Réciter. — Rapporter, citer ; plus fréquent chez Bossuet que citer ; sens latin (recitare). « C'est pour cela que l'Ecclésiasle après avoir commencé son divin ouvrage par les paroles que j'ai récitées. >> Cf. <* Je sais de ses froideurs tout ce que l'on récite. » (Racine, Phèdre, II, 1.)
Reconnaissance. — Action de reconnaître. « Ses fautes dont il faisait une si sincère reconnaissance. » (Condé.) Cf. « En 1644 vous avez reconnu que cette maxime est détestable ; et en 1656 vous avouez qu'elle est du père Beauny :
cette double reconnaissance me justifia assez. «(Pascal, Provinciales, XV.) Rare avec cet emploi.
Recrue. — Levée d'hommes pour remplacer les manquants, les morts. Terme militaire. « Cette rtcrae continuelle du genre humain. >• (Mort.) Cf. « Claude doit partir pour suivre la recrue. »
(Rousseau, Nouvelle Héloîse, I, 40.)
Redondance. — Abondance excessive qui provoque un déborde-
ment ; un re^rgemenl. (Voir ce mot.) M Ces biens ne sont qu'un regorgement... une redondance i\e la possession de Dieu a{Élats dVraison.) Dans tous les exemples cités par les lexiques, redondance est appliqué aux ornements excessifs du style.
Réfornialion. — Bossuet appelle ainsi la réforme protestante.
« Ceux qui ont tenté la réformation par le schisme. « (Reine d'Angleterre.)
Regarder. — !• Avoir en vue.
« Je regarde ma postérité. » (Ambi* tion.) Cf. « Chacun de vous dans l'avis qu'il me donne H Regarde seulement l'Etat et ma personne.»
(Corneille, Cinna, II, 1.) ; 2" remarquer. « Regarde qu'il n'y a rien d'assuré pour toi. » (Ambition.) « Ceux-ci allaient toujours sans regarder qu'ils allaient à la servitude. » (Reine d'Angleterre.) Cf. « Je regarde que votre santé n'est point affermie et je sais combien de vies tiennent à la vôtre. > (Vaugelas,2, C, 418); 3* tenir compte de, considérer comme important. « Elle commence à connaître Dieu ; n'appelant pas le connaître, que de regarder encore tant soit peu le monde.» (Macramé.)
Regorgement. — Débordement qui vient d'une abondance excessive. « Ces biens ne sont qu'un regorgement... de la possession de Dieu. >» (État d'Oraison.) Dans tou»
les exemples cités parles lexiques, regorgement est pris au sens matériel. « La principale pièce de la vaillance ne dépend point des or* ganes du corps et n'est pas un simple regorgement de bile. » (Balzac, LaGloire.)
Régalarlfé. — Fait de se conformer à une règle. « Votre vertu abandonnera sa première régula^ rite. • {Ambition.) Cf. « Je traiterai
monsieur méthodiquement et dans | faire renommer par leur puissance toutes les régalarités de notre art. » | que par leur vertu. » (Racine.) (Molière, PourceaagnaCt I, 10.) Très rare dans cette acception.
Relever. — Relever de, dépendre de, terme de la langue féodale.
« Celui qui règne dans les deux et de qui relèvent tous les empires. » {Reine d'Angleterre.) Cf.
« Il est vrai qu'on ne relève que de Dieu et de son épée. » (Sévigné).
Relig^ien.— Désigne la vie religieuse dans la règle d'un monastère et le monastère lui-même. « Pour votre désir de la religion, je vous défends, ma fille, toute inquiétude, ».
(Lettres à Mme Cornuan.) Cf. « Je la menai à ma tante de Maignelais qui la mit dans une religion . »
Remarquer. — Dans le sens de faire remarquer, « C'est en vain que l'on nous remarque la délicatesse des traits. '» {Parole de Dieu.) Littré dit : « Je vous remarquerai que... est un barbarisme; dites : je vous ferai remarquer que . «Littré est le témoin de Tusage actuel ; il paraît avoîr ignoré cet exemple de
Remontrer. — Faire voir à quelqu'un en quoi il se trompe.
« Il remontra fortement au roi. »
{Histoire de France.) Cf. « Monsieur alla trouver la reine pour lui remontrer les grands inconvénients. »» (Retz, Mémoires^ III, 4.)
Rencontre. — Abord, aspect, tournure. « La rencontre belle et aimable, l'humeuraccommodante. >»
{Saint Bernard.) Cf. « Elle ressemblait à la reine mère... de la rencontre^ de l'air et un peu du tour de visage. « (Mme de Motteville.)
Renommer^ — Se faire renommer, acquérir du renom, de la réputation. « Les prédicateurs doi- '^nt s'étudier, non à se faire renommer. >» {Parole de Dieu) Cf. « Folie des princes qui aiment mieux se
Réparer. — R«laire à nouveau sur un plan meifteur ; sens étymologique {reparare). « Il répara le genre humain. » {Politique.) Cf.
« Après la mort de ces hommes uniques et qui ne se réparent point. » (La Bruyère, 9.)
Représente^: (se). — Se dépeindre. « De la manière que «c représente le prédicateur. » {Saint Paul,)
Représenter. — Donner une image, une représentation d'un tableau, u C'est ce que je dois vous représenter, » {Saint Paul.) Cf. « Je lui représente mon défaut pour l'empêcher d'y tomber. » Pascal, Lettre à Mlle de Roannes.
Ressentir. — Est employé très souvent par Bossuet /à la place de sentir, « On ressentait dans ses paroles un regret sincère.» {Condé.) « J'y ressens la manne cachée. > {Clèves.)
Ressentiment. — Souvenir qu'on garde d'une chose, même d'un bienfait. « L'hommage imprévu de votre présence est pour moi une rencontre si favorable que je ne vous en puis dissimuler mon res' sentiment. » {Saint Georges.)
Résoudre (se). — Prendre une résolution. «« Le droit que nous avons de nous résoudre. » {Ambition.) Cf. « Qui ne peut se résoudre^ aux conseils s'abandonne. » (Voltaire, MéropCy V, 3,) Rare dans cet emploi absolu
Retenir. — Garder, conserver.
« De même qu'on voit un grand fleuve qui retient encore, coulant dans la plaine, cette force violente et impétueuse qu'il avait acquise aux montagnes. » {Saint Paul.) Cf.
« Ils retenaient encore beaucoup
LEXIQUE
des mœurs de leur pays. » (Vad-
OELAS.)
Retirer. — Donner refuge. « Il y retira plusieurs des proscrits. »
{Histoire de France.) Cf. « EnOn le ciel chez moi me le fit retirer. • (Molière, Tartuffe, I, 5.)
Retour. — Changement de fortune, en général en bien. « Tout alla visiblement en décadence et les affaires furent sans retour, »
{Reine d'Angleterre.) Cependant il a quelquefois le sens contraire, et signifie revers, « La bonne cause d'abord suivie de bons succès et depuis des retours soudains. »
{Reine d'Angleterre,) Cf. a Les plus grandes prospérités ont toujours ici-bas des retours à craindre. »
(Massillon.)
Réussir. — Arriver en bien ou en mal. « Tout a réussi contre nos pensées. » {Impénitence finale.) « Quand les affaires réussissent mal. » {Conception.) Cf. « Voyons ce qui pourra de ceci réussir. »
(Molière, Tartuffe, II, 4.)
Révérence. — Respect, surtout au sens religieux. « La révérence qu'on doit à la succession. » {Reine d'Angleterre.) Cf. u Ayez pour la grammaire un peu de révérence. »
(Regnard, le Distrait, m, 3.)
Revêtir. — Donner des habits à quelqu'un. « Ce riche a dépouillé Lazare parce qu'il ne l'a pas revêtu. » {Impénitence finale.) Cf. « C'est là que la faim est ras sasiée, que la nudité est revêtue, »
(Fléchier, Lamoignon.) Rarement employé dans ce sens.
Rompre. — Mettre en déroute, terme militaire. « Ces vieilles bandes qu'on n'avait pu rompre jusqu'alors. »» {Condé) (Cf. « Pyrrhus voyant que les Romains étaient rompus par les animaux. » (Rollin, Histoire ancienne.)
Rude. — Non dégrossi. Inculte; sens étymologique {rudis). « Il ira avec cette locution rude. » {Saint Paul.) « Vous avez ouï parler de cet amas rude et indigeste qui précéda la disposition et la beauté des choses. » (Balzac.)
Ruineux.— Qui menace ruine.
« O fondement ruineux de notre substance. » {Mort.) « Comme une colonne dont la masse solide parait le plus ferme appui d'un temple ruineax, » {Reine d'Angleterre.^
0«erifller. — Offrir à Dieu le culte qui lui est dû. « Toutes choses arrivent également à celui qui sacrifie et à celui qui blasphème. » (Providence.) Cf. « Ils appellent zèle une colère et quand ils tuent ils pensent sacrifier, »
(Balzac, Lettre XI, Lettre VI.)
iSaillie. — Sault {saltus). « Il ne s'avance que par vives saillies. »
(Condé.) Ce mot était employé aussi au sens propre dans l'ancienne langue ; du temps de Bossuet on ne l'employait qu'au figuré. Aussi, dans l'exemple cité Bossuet a préparé l'imagination du lect'eur :
« Semblable, dans ses sauts hardis et dans sa légère démarche, à ces animaux vigoureux et bondissants, il ne s'avance que par vives et impétueuses saillies, et n'est arrêté ni par montagnes ni par précipices. »
Secret. — Endroit éloigné de la foule et du bruit i^secernere, mettre à part). «Extraordinairement amoureux du secret et de la solitude. »
(Saint Bernard.) « Dieu qui se plaît à regarder dans le secret. » {Honneur du monde). Cf. « Ce bandeau dont il faut que je paraisse ornée... I Seule et dans le secret ja le foule à mes pieds. > (Racine, Esther, I, 4.)
BOS6UBT
îiectateur. — Q\n «'attache passionnément à un homme et à ses doctrines, par extension à une chose. « Sitôt que cette première ardeur qui leur (aux voluptés) donne tout leur agrément a été un peu ralentie... leurs plus violents sectateurs s'étonnent. {Saint Bernard.) Cf. « La vertu applaudie, honorée, favorisée ne manque jamais de sectateurs. » (Massillon.)
i^ensible. ^ Qui tombe sous les sensjeb peut être facilement perçu.
« La sagesse éternelle . . . s'es^ rendue sensible en deux sortes. »
{Saint Paul.) Cf. « Pour me servir d'une comparaison qui sera plus sensible. » (Pascal, Provinciales^
i^ueeès. ~ Issue d'une affaire, se dit en bonne et en mauvaise part. « Tes ennemis étaient enflés de leur bon succès. » (Saint Bernard.) Cf. « Le succès du combat réglera leur conduite. « (Racine, Bajazet, I, 1.)
Séduction. — Action de conduire hors du droit chemin {seducere). » Quand Dieu permet à Vesprit de séduction de tromper les âmes hautaines. » (Beine d'Angleterre,)
Sédnire. — Mener hors du droit chemin. « Des directeurs infidèles que nous avons choisis pour nous séduire. ^^ {Marie-Thérèse.) Cf. « C'est peu de me quitter, tu veux donc me séduire. » (Corneille, Polyeucle^ IV, 3.)
Séculier. — Du siècle (voir siècle). « Les vanités de l'éloquence séculière. » {Saint Paul.) Cf.
Ces désirs séculiers, ces images du monde dont nous avons Tesprit rempli. » (Fléchier.)
Senji. -^ Jugement, on dit le bon sens, avec la même acception. «Pour lui renverser le sens.»
{Histoire Universelle.) Cf. u Nous
avons un autre principe d'erreur, les maladies : elles nous gâtent le jugement et le sens » (Pascal, Pensées.)
Sorrice. — Fonction officielle à laquelle on est astreint par devoir en particulier la défense de la pa^ trie par les armes. « On réservait pou rie vrai 5ery /ce les actions d'une hardiesse extraordinaire. » {Dis^ cours sur VHisloire Universelle.) Cf.
« Tantde murmures et de chagrins à la Cour, tant de dégoût dans le service. » (Massillon, Carême^ Vocation.)
Siècle. ■— 1" Le monde, l'ensemble des hommes qui se guident par des principes opposés à ceux de Jésus-Christ. • Les injustes préjugés du siècle. » (Dignité des Pauvres.) Cf. « Si vous êtes disciples de Jésus-Christ ou enfants du«èc/e. » (Massillon). Parfois Bossuet emploie siècle comme synonyme de vie. « Le juge sévère qui préside dans l'autre siècle. >• (Saint Bernard.)
Situation. — Niveau, degré d'une chose morale. « Ce courage s'est trouvé par sa naturelle situa* lion au-dessuB des accidents. « (Madame.)
Société. — Union. « La société de l'âme et du corps fait que le corps. » (Mort.)
Soin. — Peines, inquiétude. « La vigilance ne calme pas les soins qui le travaillent. » (Condé.) Cf.
« D'un soin cruel ma joie est ici combattue. » (Racine, Iphigénie, 11, 2.)
Solide. Solidité. — Qualité opposée à la futilité, à la vanité ; à peu près synonyme de sérieux, un peu de ce que les Latins appelaient gravis gravitas. Mot très employé au dix-septième siècle et en particulier par Bossuet. « Tout était simple, tout était solide. »
LEXIQUE
(Madame). « Telle élait la délicatesse ou plutôt telle éUit la soUdilé de ce prince. » {Coiuié.) Cf. « Voilà un grand vide qu'on ne peut remplir de choses solides ; II faut ilonc que les frivoles en prennent Ja place. «(Fénelon, Ediicaliondes fuUes, 9.) « Il est en vérité d'une sagesse et d'une solidité qui me surprend. » (Sévigné.)
l^oiigcr. — !• Faire attention à une chose, y réfléchir. « La jeunesse qui ne songe pas que rien lui soit encore échappé. » (Saint-Bernard.) Cf. Quand je lus les guêpes d'Aristophane, je ne songeais que j'en dusse faire les Plaideurs. »
(Racine, P/a/cfeurs. Préface. )2* Imaginer, concevoir, avoir dans l'esprit. « L'on veut que chacun... appelle Dieu tout ce qu'il songe. »
[Averlissenient^ ITL) Cf. « On l'accuse d'avoir songé toutes les personnes où l'on peut trouver les défauts qu'il peint. « (Molière Impromptu, 4).
^ttleuir. — Porter fermement»
au sens moral ; mot très employé au dix-septième siècle. « Que cet ouvrage divin soit soutenu par l'infirmité. » (Saint Paul.) « La seule simplicité d'wn récit fidèle pourrait*o«f«n/r la gloire du prince de Condé. » [Condé.) Cf. « Tous les chants... sont d'une beauté qu'on ne soutient pas sans larmes.»
(SÉVIGNÉ
iloutlen. -- Appui, support, au sens moral, employé souvent comme soutenir. « Ni ces princes ne trouveraient aucun adoucissement à leur douleur, ni moi-môme aucun soutien aux louanges que je dois à un si grand homme. »
(Condé.) Cf. « Et vous l'un des soutiens de ce tremblant Etat. » (Racine, Athalie,h 1.)
Spé«iilatir. — Théoricien qui ignore la pratique et disserte daas
son cabinet. « Ni que j'imite ce»
politiques spéculatifs. »> (Madame.) Cf. << Les spéculatifs croient que toute cette négociation n'aboutira à rien. >• (Balzac, Aristippe, III.)
$i»piri(iiel. — l» Opposé à temporel, qui a trait à la religion.
« Tout ce qui suit est spirituel. »
(Conception.) « Le môme craignait que Dieu ne lui demandât compte du temps qu'il employait à gouverner son état et qu'il dérobait aux affaires spirituelles, n (Montesquieu, Grandeur et décadence de$ Romains, 22.) Pris substantivement: un homme adonné à la spiritualité. « Ces péchés ne subsis tent que dans les idées de quelques spirituels. » (Etats d'oraison.)
9tyle. — Stylet, poinçon dont on se servait autrefois pour écrire, employé par Bossuet pour plume, main.n Cette ville maîtresse se tiendra bien plus honorée d'une lettre du style de Paul. » (Saint Paul.)
ilubtU. — Aiguisé, fin, qui est de nature à pénétrer fort avant (subtilis). « Si nous voulons discuter les choses dans une considération plus subtile. i> (Mort.) C'est en ce sens qu'on dit: un poison subtil.
(Succéder. — 1«> Réussir, «c Lorsqu'ils nagent dans les plaisirs illicites, que tout leur rit, que tout leur succède. « (l»»" Sermon Providence) ; 2» arriver. « Si les choses succèdent contre vos désirs. » (Culte dii à Dieu) ; 3» « On les a déclarés intestables et incapables de succéder. » (Lettres diverses) ; 4» entrer en possession. « Alexandre son tils succéda à son royaume. » (Histoire Universelle.)
iluivrc. — !• Suivre la cour, s'y attacher et y vivre. « L'ambitioii est l'âme de ceux qui la suivent (la cour.) » (Ambition.) Cf. « Le monde est pour ceux qui suivent les cours.*
^La Bruyère, JMs JagemenH.) ; 2* Venir après, et par suite imiter, copier. « Qui ne sait que la moindre des inventions est d'un ordre supérieur à tout ce qui ne fait que suivre. » {Connaissance de Dieu.)
(Supposer. *- Tenir pour certain et prendre pour fondement {supponere)n Supposons avant toute chose. » {Saint Paul.) « Cette vérité étant supposée. » (Sainl Paul.) Cf. « Quand on suppose dans les définitions ce qu'on se propose de prouver, il n'est pas bien difficile de faire des démonstrations. »
(CoNDiLLAC, Trdité des systèmes.)
iSarabondance. — Surérogalion, ce qui n'est pas nécessaire mais ne nuit pas. « En faisant des œuvres de surabondance. » {Conception.) Cf. « La famille du prêteur n'a découvert la source de sa richesse que par surabondance de droit. » (Voltaire, Politique et Législation.)
Pureté, ■— Caractère d'un esprit sûr qui mérite la confiance absolue qu'on a en lui. « La sûreté qu'on trouvait en cette princesse. » {Madame.) Cf. « Elle trouvait dans Mme Scarron une sûreté parfaite. )» (Genus, Mme de Maintenon.)
i^nmioiiter. — Vaincre, dompter. « Accoutumés à surmonter leur travail. » [((mpénitence finale.) Cf. « C'est un homme admirable pour surmonter les lenteurs et les difficultés par son application et è9i patience. » (SinoNé.)
Velntnre. — Légère apparence.
« Cette légère teinture a imposé si facilement aux yeux des hommes. » Cf. « Je vous eusse offensée par mes compliments qui ne
pouvaient que retenir la teinture de ma mauvaise humeur. » (Balzac.)
Tempérament. — !• Juste mélange qui produit l'équilibre. « Autant a-t-il quelquefois repris leur personne avec un si juste tempérament de charité. » {Saint Bernard.) Cf. « La santé du corps consiste dans le tempérament des humeurs.»
(Bourdaloue) ; 2« adoucissement, ménagement. « Le tranquille ministre qui connaissait les sages tempéraments des rois. » {Le Tellier.) Cf. « Nous trouvons toujours des tempéraments entre le monde et Jésus-Chri.st. » (Massillon.)
Temps. — Occasion favorable {tempus). « Il les applique dans le temps. » {Discours à l'Académie.) Cf. « Allons chercher le temps d'immoler mes victimes. » (Corneille, Rodogune, IV, 7.)
Tenir. — Estimer, croire, regarder comme, sens du latin habere. « Biron qu'on ne tenait pas assez ennemi des huguenots. « {Histoire de France.) Cf. « Je tiens votre cœur incapable de m'amuser» (MouÈRE, Avare, I, 1.)
Tenir (se). — En rester à, se contenter de. « Si vous vous tenez à vos propres biens. » {Dignité des Pauvres.) Cf. « Nous ne nous tenons jamais au temps présent. » (Pascal, Pensées.)
Terme. — Limite. « Le terme fatal dans lequel Dieu a résolu de borner leur cours. » {Reine d'Angleterre.)
Terminer. — Mettre une limite à, marquer le point où une chose s'arrête, sens étymologique {terminus). « Le désespoir a terminé la question. » {Impénitence finale.) Cf.
« Terminons des regrets qui pourraient trop s'étendre. » ^Quinault.)
Théologie. — Doctrine sur un
LEXIQUE
point particulier de la théologie.
« Le grand Augustin m'apprend cette solide théologie, "n (Madame)-
Tiers. — Troisième. «< A condition qu'en lieu f/ers ce prince ferait les honneurs des Pays-Bas. »
(Condé.) Cf. *. Recevez-moi pour tiers d'une amitié si belle. » (Corneille, Suite du Menteur. V, 5.) Tiers et quart pour troisième et quatrième sont de la langue du seizième siècle. (Cf. le tiers livre, le quart livre dans l'œuvre de Rabelais); au dix-septième siècle, ils sont encore employés; ils deviennent très rares après 1680, sauf dans certaines expressions comme la tierce personne^ un tiers arbitre, le Tiers État, etc.
Tirer. — Diriger un coup de feu sur. « Ils aperçurent le roi quiles lirait par les fenêtres du Louvre. » [Histoire de France.) Cf.
« Allons tirer les grives, c'est assez pousser d'arguments. » (J.- J. Rousseau, î^ouvelle Héloïse, V, 7.)
Toucher. — 1» Exprimer. « Avant que j'eusse touché la moitié de ce détail épouvantable. » [Passion).
Cf. « Pour mieux conserver l'estime et le respect qu'on doit aux vrais dévots, j'en ai distingué le plus que j'ai pu le caractère que j'avais à loucher. » (Molière, Tarluffe, plac. X); 2° posséder, dominer, occuper entièrement. « Touchée d'un si digne objet sa grande âme se déclara toute eatière. »
i^Condé.)
Toujours. — Du moins. « Mais toujours en aurez-vous meilleur marché. » (Ambition.) Cf. « Si je n'ai pas réussi, toujours ai-je fait mon devoir. » Littré. Comparez la locution suivante : « toujours est-il que... »
Tourné. — Arrangé et orné par des procédés de rhétorique. < On
prend des idées du style tourné el figuré. >» (Sur le style et la lecture.) On dit en général bien tourné, mai tourné. Je ne connais pas d'autre exemple de tourné employé seul dans ce sens.
Traâner. — Passer péniblement et lentement ; sens étymologique (trahere) « Traînant les derniers soupirs. » [Passion.)
Trancliant. — Qui décide des choses comme tranche une épée.
« Dieu fait dire aux prédicateurs je ne sais quoi de tranchant. »
[Parole de Dieu.) Cf. « Vos paroles sont tranchantes. » (Sévigné.)
TravaiUer (se). — Se tourmenter, se préoccuper de. « Pourquoi te travailles-la vainement? » (Ambition.) « Ceux qui se travailleront de ce soin (l'immortalité de l'âme).' » (Pascal, Pensées.)
Travailler. — 1» Causer une douleur physique ou morale.
«< Quand je considère tant d'occupations différentes qui travaillent inutilement les enfants des hommes. » ( Velur. Nat.) Cf. « Un oracle m^ssure, un songe me travaille. >• (Corneille, Horace, IV, 4.); 2» A parfois le sens affaibli de préoccuper qui deviendra très fréquent après Bossuet. « Un autre soin me travaille. » (Reine d'Angleterre.)
Traverse. — Malheur, accident « Elle n'a point encore d'expérience des maux dii i^ionde ni des traverses qui nous arrivent. » [Saint Bernard.) Cf. « Les traverses que j'ai eues lui doivent faire pitié. »
(Voiture.) A la traverse, d'une manière inspirée et gênante. « Ai-je jamais commencé une bonne action où le péché ne se soit comme jeté à la traverse? [Conception.)
Traverser. — !<> Susciter des obstacles pour empêcher d'agir. « II trouve des rencontres inopinées
qui le traversent. » (Providence.) Cf. « Mon rival en tout cas, ne peut me traverser. » (Molière, Etourdi, m, 4.); 2» Etre en travers de. « Des forêts abattues qui traversent des chemins affreux. » {Condé,)
Troupe. — Foule, multitude ; sens étymologique [tarba). « Les génies extraordinaires se démêlent toujours de la troupe. » (Ambition.) D'après Bouhours, ce mot employé sans complément ne peut s'appliquer qu'à des gens de guerre.
Unique. — Considéré plus que tous les autres, à qui rien ne peut être comparé. « Car si Jésus crucifié est son unique et son bienaimé. » (Saint Bernard,) Littré ne donne pas d'exemples d'unique employé comme nom.
Valu. — Qui s'estime trop et s'attache ainsi à ce qui n'est pas.
« Ne craint pas qu'on l'accuse d'être vain. » (Unité de VÉglise.) Cf. « Un homme vain trouve son compte à dire du bien ou du mal de soi.» (La Bruyère, 1.)
Vanité. — Qualité de ce qui est sans consistance et touche au néant. « Qui étalent aux yeux du monde sa vanité toute entière. »
{Beine d'Angleterre.) Cf. « Tous les hommes qui n'ont pas la connaissance de Dieu ne sont que vanité.^y (Saci, Bible.)
Véritable. — Vrai, exact. *< Nous montrant combien 11 est véritable que. » (Passion.) Cf. « Madame il faut vous faire un aveu véritable, »
(Racine, Bérénice, V, 6.) Au dix-septième siècle, véritable se dit aussi des personnes et signifie véri' dique.
Véritablement. — Avec vérité et exactitude. <* A parler des choses véritablement. » (Dignité des Pauvres.) Cf. « Qu'ils sachent qu'elles ont été les créances diverses sans fard et véritablement. » (D'Aubi- GNÉ, Histoire, I, 66.)
Vertu. — !• Force en général.
« Notre âme supérieure au monde et à toutes les vertus qui le composent. » (Mort.) Cf. Vertu apéri- ^ive d'une clef, attractive d'un croc. » (Pascal, Pensées)/, 2» La force morale (virils); «Pour épuiser sa vertu, la guerre va épuiser toutes ses inventions. » (Condé.) Cf. « Toutes les occasions qui se sont depuis offertes, il les a embrassées ; et celles qui n'étaient pas, sa vertu et son étoile les ont fait naître. » (La Bruyère, 2); 3» vertu, au pluriel,talents, qualités particulières (virtules.) « Vit-on jamais en deux hommes (Condé et Turenne) les mêmes vertus^ » (Condé.) Cf. « Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés. * (La Rochefoucauld.)
Vif, vivant. « Marie-Thérèse aussitôt emportée que frappée par la maladie se trouve toute vive et toute entière entre les bras de la mort. B (Marie- Thérèse.) « Une jeunesse qui semblait si vive, » Vif dans le sens de vivant n'est resté que dans certaines expressions comme plus mort que vif, brûlé vif^ etc.
Vice. — Défaut qui tient à des causes profondes et n'est pas accidentel. « Non que ni l'un ni l'autre n'ait des vices. » (Sur le style et la /ec/ure.) Il s'agit du style de saint Augustin et de saint Jean-Chrysostome. Cf. « 11 est étrange que Cor-
LEXIQUE
neille ait senti le vice de son sujet et qu'il n'ait pas senti le vice de sa diction. >• (Voltaire, Commentaire sur Corneille, Théodore, I, 1.) C'est le sens primitif du mot vice. Cf. en latin vitia oralionis.
Tiolont. — 1* Qui agit avec force et se fait sentir profondément. « Il faut quelque chose de plus violent pour persuader. *»
[Saint Paul.) Cf. « Les âmes fortes
ont des sentiments bien plus vio' lents. » (Voltaire, Ingénu, 20) v, 2» qui se livre à des violences.
« Quand emportée par leur humeur violente, ils ne gardent plus ni loi ni mesure. » (Reine d'Angleterre).
Cf. « Vous dépendez ici d'une main violente. >, (Racine, Milhridate, IV, 2) ; 3* qui épuise les forces et est contre toute la nature. « Cet état est violent et ne peut pas dorer. ■ (Providence.)
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Bne page autographe du Discours sur l'Histoire Universelle, [Bibl. nat., manuscrit.)
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^"Ut-y / ^W^, -mtm-. <^^i*/ ^ P^^^^u^'f^
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pour 1« Danphtn, authographe. /'5/<^/. na^J.