CHAPITRE II
LE CARÊME DES MINIMES, ET DEPUIS LE CA- RÊME DES MirVIMES JUSQU'AU CARÊME DU LOUVRE (1660 1662). CARÊME DES CARMÉLITES
§ I. — Le carême des Minimes (1660).
L'année 1660 est une date importante dans la vie oratoire de Bossuet. C'est la première fois qu'il est appelé à donner toute sa mesure pour une station prolongée devant un auditoire nombreux et brillant. Il prêche le carême dans l'aristocratique quartier du Marais, à l'église des Minimes de la place Royale, Tune des plus mondaines de Paris. Comme je Tai dit plus haut, il est visible qu'il hésite entre la méthode de Saint-Lazare, toute de simplicité, et un genre plus solennel et plus orné qui lui paraît mieux convenir à ses auditeurs. De là les disparates qui ont frappé tous les critiques, en particulier Gandar !..
Ce carême des Minimes est remarquable par la franchise évangélique avec laquelle Bossuet dit la vérité, et une vérité parfois très rude, à de grands seigneurs peu disposés à l'entendre. Je citerai deux sermons, un sur IHonneur du monde où se marque la préoccupation de plaire à un auditoire de lettrés et un pour le Vendredi Saint où reparaissent la simplicité nue et, par places, la trivialité d'autrefois.
Prêché le dimanche des Rameaux (21 mars 4660), chez les Minimes de la place Royale^ en présence du prince de Condé,