‹ Œuvres choissiesChapitre 55 sur 232 · REIVOUVELLEMEIVT DE SON ESPRIT · texte numérisé non relu

REIVOUVELLEMEIVT DE SON ESPRIT

C'est une très bonne observation de M. Rébelliau que Bossuet, à l'âge où la plupart des hommes commencent à vivre du passé, renouvela entièrement son esprit et refit ses études. L'éducation du Dauphin profita surtout au précepteur.

Bossuet avait reçu et s'était donné une formation de théologien et de prédicateur. Il savait la Somme de saint Thomas, les principaux Pères et la Bible, mais il était enfermé dans cette science spéciale. Les nécessités de renseignement l'obligèrent à dépayser son esprit et à tâter des disciplines les plus diverses. Du paganisme étudié dans la première jeunesse il n'avait gardé qu'une méthode intellectuelle : il en considérait les hommes et les idées en apologiste seulement. A quarante ans, dans la force de l'âge, il y revient; mieux qu'autrefois i apprécie la délicatesse et l'élégance des formes et la portée humaine de la pensée.

Le résultat de ce travail, ce fut d'abord cette culture générale qui tient au nombre et à la variété des points de vue ; ce fut ensuite cet esprit positif qui cherche les faits, qui s'attache aux faits, qui donne à chaque fait son importance — ce qui est peut-être le contraire de l'esprit oratoire; ce fut enfin une sorte de libéralisme qui apprécie la valeur relative des occupations humaines et les estime toutes, à leur place.

Cet esprit nouveau se marque dans le programme de Bossuet : il n'exclut pas le théâtre, ni les philosophes païens qu'il condamnera plus tard. Il se marque dans les livres qu'il écrit pour le Dauphin : en philosophie, il donne une place importante à Descartes à côté de saint Thomas ; en histoire, il n'hésite pas à raconter les fautes des papes etdes rois; en politique.

il trace aux rois leurs devoirs envers le peuple. En somme, autant que son tempérament et son temps le permettent, il est accueillant aux idées, de quelque point de 1 .lorizon qu'elles viennent, pourvu qu'elles soient de bon aloi.

Nous allons citer ici un extrait de son Histoire de France; quelques passages de son Discours sur VHisloire Universelle^ de sa Politique tirée de VÉcrilure sainte^ et du Traité de la Connaissance de Dieu et de soi-même.

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