LE BARON DE MONTMORENCI
On sait par toute la terre La devise, ou cri de guerre Qu'ont eu les Montmorenci , Depuis Clovis jusqu'ici; Noble race à qui tout cède , Ils ont pour cri : Que Dieu aide Au premier baron chre'tien :
Or, de ces hommes illustres, Qui, pendant plus de cent lustres Ont été notre soutien, De tous ces vieux connétables , Les Annes et les Mathieux, Que le grand siècle des fables Aurait mis au rang des dieux ,
Les descendants moins austères, Toujours dignes de leurs pères, Toujours vrais Montmorenci, Ont les mœurs de ce temps-ci.
L'autre jour donc , sur la brune.
Le Nestor de leur maison , Deux fois antique baron , Chef des armes et du nom , S'en alla cherchant fortune Dans ce jardin où , le soir, Accourent se faire voir, Sitôt qu'il fait un peu noir, Deux cents nymphes bocagères, Aux mains douces et légères, Et vous offrent bien au frais Du plaisir à peu de frais.
Un vrai chercheur d'aventure, Au travers de l'ombre obscure , Du baron vit la figure ; C'était un soir du printemps :
Il le vit sur une chaise
Si long-temps, et si long-temps
Assis près d'une Thérèse ,
Qifà la fin se doutant bien D'où cette lenteur procède,
11 s'écria : « Que Dieu aide
« Au premier baron chrétien ! »
Œuvres diverses. 27
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