‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 71 sur 75 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

Faite au nom d'un vieillard qui épousait une jeune femme (i).

Bon soir, ma jeune et belle amie , Il est minuit , séparons-nous.

Je suis si vieux , vous si jolie :

Ce n'est pas l'instant d'être époux.

A minuit , cachez-moi vos charmes ; Je craindrais d'outrager l'amour.

Depuis que j'ai perdu ses armes , Mon bonheur fuit avec le jour.

A mon âge , avec un cœur tendre , Si l'on peut encor bien rêver , Puisse un heureux songe me rendre Le bien dont je dois me priver !

Demain , vous revoyant plus belle , Et me rappelant mon erreur, Je me dirai : c'était bien elle , Et j'ai connu le vrai bonheur.

O vous , ma femme et mon amie, Que je ne puis assez chérir, Il faut , dans l'hiver de la vie , Il faut ou rêver ou mourir.

(1) Communiquée, ainsi que quelques autres pièces, par M. Auguste de la Bouisse.

A MADAME M

Quoi! j'aurais pu vous offenser?

J'en gémis, je pleure, je tremble;

Hélas ! je devais bien penser Que les Grâces, l'Amour, tout ce qui leur ressemble,

Sont très-faciles à blesser.

Un jour ce dieu, coucbé sur des feuilles de rose,

Se réveille en faisant un cri :

Tout l'univers en sait la cause,

C'est qu'une feuille avait un pli.

Vous avez , 6 vous que j'implore , Sa beauté, sa malice et son air de douceur ;

Souffrez que je compare encore

Votre colère à sa douleur.

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