‹ ŒuvresChapitre 13 sur 50 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

Pour Mademoiselle de Lenclos.

la terre en son rond spacieux , \^ Pour qui soupiroit Alexandre ; ' La mer, qui voit monter aux cieux ' Phébus, et qui l'en voit descendre ;

Le monde entier ne doit prétendre

D'avoir rien de plus précieux

Qu'un bel objet qui nous sait prendre

Et par l'oreille et par les yeux.

Quand , non loin des bords odieux A Junon, qui les mit en cendres. Sur THellespont trop furieux Et qui le menaçoit d'esclandre S'hasarda le pauvre Léandre , C'est qu'Hero , qui chantoit des mieux , Pire que fou l'avoit su rendre Et par l'oreille et par les yeux.

Ne sait-on pas bien qu'en ces lieux Où baume, encens et musc s'engendre, Pirame , le jeune et beau fieux , A Thisbé se fit trop entendre

l56 OEUVRES DIVERSES.

Au travers du mur, que sut fendre Amour, toujours ingénieux A glisser son charme et son tendre Et par l'oreille et par les yeux?

Envoi.

Vous, dans qui le plus beau des dieux Son aimable et son gracieux Voulut si pleinement répandre ; Vous, dont le luth harmonieux Fait que tous, et jeunes et vieux , Sont à vous, à vendre et dépendre; Comme, en sa mort mélodieux.

Chante un cygne aux bords du Méandre , Je viens, en mourant, vous apprendre Par ces vers peut-être ennuyeux.

Que mon cœur ne s'est pu défendre De tout ce qui Ta su trop prendre Et par l'oreille et par les yeux.

LETTRE A Mademoiselle de Lenclos.

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