‹ ŒuvresChapitre 27 sur 50 · STANCES AU ROI · texte numérisé non relu

STANCES AU ROI

Sur son départ pour l'Armée.

s-lu d'accord avec les cieiii , Dans ces mois si capricieux , '^ Four qu'ainsi toujours la victoire Te suive en tout temps, en tous lieux ,

Prince à coup sûr victorieux?

Ou plutôt ne dois-je pas croire,

(Juand je te vois laborieux

Plus qu'aucun dont parle l'histoire.

Qu'entre les rois tu sais le mieux

A quel prix ont voulu les dieux

Qu'un héros achetât sa gloire ?

En effet , c'est toi tous les ans Qui , devant que le dieu des vents Chasse la bise et la resserre, Dès l'hiver ouvres le printemps Par cent mille coups de tonnerre; C'est toi qui viens de battre aux champs Pour des faits si fiers et si grands , Qu'ils finiront presque la guerre , Même avant que les fers tranchants Du laboureur fendent la" terre.

Hélas ! que n'ai-je assez de vois

Pour faire, autant que je voudrois,

Voir la parfaite ressemblance

Qu'a cette ardente diligence

Qui donne l'âme à tes exploits,

Et ton adorable clémence,

Qui fait si bien goûter les lois ,

Avec les vertus qu'autrefois

Fit éclater par excellence

Un Romain (i), pour qui la vengeance

De nos vieux ancêtres gaulois

Sur Rome et sur son insolence

Fonda cette vaste puissance.

Que sut si bien rendre aux François

Et partager avec Rizance

Charles (2), que jusqu'à toi la France

A cru le plus grand de nos rois.

Eh bien. Muses! et toi, Phébus!

Que ne les as-tu donc prévus , Avec ton trépied , tes oracles , Ces coups jusqu'à nous inconnus !

De tous ces vieux faits de bibus Falloit il faire des miracles , Et, les vrais miracles venus, Demeurer supris et confus, Rencontrer partout des obstacles, Et confesser n'en pouvon- plus?

Allez , allez , sœurs indiscrètes ,

(i) César.

(a) Charlemagne.

25o OEUVRES DIVERSES.

Vendre ailleurs vos vieilles fleurettes;

Cherchez ces lourdes nations

Qu'aux abois et presque sujettes

On charme encor d'illusions ;

Et là de toutes vos sornettes

Aidez leurs menteuses gazettes

A déguiser nos actions.

Pour celles que mon prince a faites ,

Plus, plus de vos inventions,

Plus de muses, plus de poètes !

Eh ! quel besoin de fictions ,

Quand , au seul bruit de nos trompettes ,

Tombent partout les bastions !

Non , non , pour mettre en sûreté

Dans la foi de l'éternité

Ces miracles que la mémoire

Consacre à l'immortalité ,

Il faudra de nécessité

Qu'une simple et modeste histoire

Rende un compte exact de ta gloire

A toute la postérité ;

Encore en sera-t-il douté :

Car, grand roi, l'on a peine à croire

Ce qui ne peut être imité.

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