NON, IL N'Y A PAS EU
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^H^^^^^à^ HARLATANs ! ôtcz d'ici VOS tréteaux! allez °i"§^ M Ê^h représenter vos parades de fête ailleurs!... Ce °{'^9o II ^^H^ ne sont point des fêles que denoandent ces dcf|) ^y^ masses affamées : c'est du travail; non ce tra-
<=(/€^^è^^à\^d>)° vail ingrat qui ne profite qu'à celui qui fournit ^Tinr'mîTnrï'jgla brouette et la pioche, mais le travail qui
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donne du pain à l'ouvrier. Vous célébrez une révolution !.. mais, tout ce feu que met une révolution au cœur d'un citoyen , est-il dans le vôtre?.. Croyez-moi, envoyez à votre place les acteurs de vos théâtres; ils s'acquitleront mieux que vous de votre rôle: votre tristesse nous amuse, et vos grimaces d'allégresse nous font pitié. Vous dites que vous célébrez une révolution!., mais, pour célébrer une révolution, il faut tout un peuple ivre d'enthousiasme; il faut des milliers de voix criant ensemble : vive la liberté ! MORT AUX TYRANS !!.. Quoi ! VOUS célébrcz une révolution ! et si quelqu'un de nous, trompé par votre programme, troublait, par un refrain de la Marseillaise, votre petit bruit de fête, vous le feriez arrêter par vos gendarmes !
Vous avez fait, dites-vous, une révolution !... mais, par où donc a-t-eile passé, que nulle part nous n'en voyions la trace ? Un incendie laisse après lui des cendres; or, les cendres de l'ancien régime, où sont-elles ? Vous avez fait une révolution !... mais une révolution n'est pas un événement isolé, un grand fait s'élevant solitaire au milieu de son siècle comme un pic au milieu d'une plaine, une mortier qui ne lance qu'une bombe. Une révolution a des suites; or, les suites de voire révolution, quelles sont-elles? où est sa vigoureuse et turbulente famille? Je ne remarque, à la surface de l'Europe, aucun champ de bataille de plus; la THarsef?laise dort dans le cercueil de nos pères ; il n'y a point de bruits de canon dans l'écho ; je ne vois pas traîner à l'horizon ces longs nuages de poudre qui suivent la marche des armées; les souverains sont tranquilles sur leurs trônes ; les peuples ne bougent point sous leurs fers, et la France, vieille cantiniére reformée, est assise sur une escabellc, soignant sa marmite et se tricotant des chausses. Les rois ont-ils donc coutume de vivre en bons voisins avec une révolution qui s'établit auprès d'eux ? Quelle révolution avez-vous donc faite, qu'ils n'aient pas cherché à faire passer dessus leurs armées? Autour d'un volcan qui s'élève de la mer. Ie#
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flots bouillonnent ; encore une fois, quelle révolution avez-vous donc faite, que l'Europe soit restée froide à son contact?
Vous vous vantez d'avoir fait une révolution !.. mais, voyez donc qui vous éles ! avec vos barbes de toutes sortes, vous ne savez que rouler des ballots et mesurer des étoffes. JVon, si une révolution avait éclate en France, ce n'est point vous, ce seraient vos femmes qui l'auraient faite : leur quenouille est plus lourde que votre épée !
Vous dites que vous avez fait une révolution !... Mais, une révolution, croyez- vous que nous ne sachions pas ce que c'est? que nous prendrons la fumée de votre chiffon mouillé pour un incendie? Nos pères aussi ont fait une révolution, et cette révolution tressaille encore dans nos cœurs. Chez eux, la montagne n'est pas accouchée d'une fourmi, la lionne d'un pelit chien ; mais la France a failli périr dans ce grand enfantement; mais eux, nos pères, ils ont écrit leur nom sur d'immortels champs de batailles ; de leurs fers brisés, ils ont fait une colonne plus haute que toutes celles que les rois et les empereurs ont élevées : tous, soldats ou citoyens, ils étaient des hommes extraordinaires, chacun dans les limites de son existence. Autour d'eux, ils ont tout réformé; ils ont arraché la surface de la vieille France, et ils ont mis à la place un sol nouveau. Les lâches ne venaient point tendre la main à leur révolution pour avoir de l'argent et du galon, car elle ne leur eût donné qu'une épée, et quand les traîtres voulaient la faire reculer, elle faisait un pas en avant et les écrasait. Si on a des crimes à reprocher à nos pères, ces crimes n'étaient que l'excès de leurs vertus. Ils ont fait couler à flots leur sang et celui des aulres ; mais c'est sur celle couche de sang calciné que vous avez élevé vos monuments, que vous avez planté vos inslitulions, arbustes malades dont vous arrachez les branches à mesure qu'elles poussent. Si vous avez encore quelque reste d'éclat, c'est que vous êtes la queue refroidie de cette flamboyante comète qui a tant rayonné sur le monde.
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Et c'est le peuple qui a fait cette révolution !... Mais, ce peuple, où est-il? qu'est-il devenu ? Je ne le recontre ni dans la chambre des députés, ni dans la chambre des pairs, ni dans les conseils généraux, ni dans les conseils d'arrondissement ; il n'a pas même quelques chaises dans les conseils des communes! Où se cache-til donc ? Est-il comme ces preux de la Table-Ronde qui se jetaient corps perdu dans une bataille et disparaissaient après l'avoir gagnée ? Je vois bien, dans la fumée des ateliers, au milieu de la poussière des fabriques, des hommes, des femmes, des enfants courbés 50US un travail qu'ils ne quittent que pour manger et dormir, travail mortel qui use, comme une pierre à aiguiser, l'organisation la plus dure» qui tue une moitié du corps pour faire vivre l'autre. Or, si ces gens-là avaient fait une révolution, est-ce qu'ils seraient si misérables ? Pour prix de leur sang, ils auraient au moins exigé du pain : le droit de manger est celui de tous qu'ils comprennent le mieux; car ils ont trente-deux dents aussi bien que le riche, et, celui-là, ils n'auraient pas souffert qu'on le leur prît.
Vous dites qu'une révolution s'est accomplie !... Mais, voyez donc quels sont ceux qui prédominent; quelles herbes, dans le champ national, montent par dessus les épis I.., Si je regarde en haut, je n'aperçois que des lâches, des traîtres, des tranfuges, des voleurs, oui des voleurs! car l'argent qu'on reçoit sans l'avoir gagné, ou quand on l'a mal gagné, on le vole; vieillards tarés dont l'ame est morte depuis trente ans, qui depuis trente ans n'ont plus de patrie; vieux chênes qui n'ont plus que l'écorce, poignée de cendres et de pourriture enfermée dans un vase de Sèvres! Quant à la capacité de ces gens-là, elle est faite de l'expérience de leurs premiers subuUernes et de la faconde de leur secrétaire, habile à dorer des mensonges : c'est une stérile limaille d'or qui n'est bonne qu'à sécher des signatures. Or, je vous le demande, de tels êtres pourraient-ils vivre dans l'air vif et pur d'une révolution? Voil-on linmionde crapaud pulluler dans l'eau claire? ..
Vous pn'lendez avoir fait une révolution!. . Mais, que s'osl-il
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donc passé depuis? Les rois altcndaienl avec anxiété ce que vous alliez faire; déjà le chant terrible de votre Marseillaise leur bourdonnait dans les oreilles, et ils sentaient comme un abîme remuer sous leur trône. Ils tremblaient que vous ne vous souvinssiez du chemin de leurs capitales; que votre coq, ramassant la foudre éteinte et les ailes tombées de l'aigle, ne vînt enfoncer ses jeunes ergots au cœur de leurs états. Trop peu sûrs de leurs peuples pour vous attaquer, ils ne songeaient encore qu'à se liguer pour se défendre. Si vous vous étiez moins hâtés d'avoir peur, ils auraient envoyé leurs ambassadeurs vous demander non votre amitié, mais la faveur de votre indifférence : entre deux généraux décidés à la retraite, c'est à celui qui reste le plus longtemps dans son camp qu'appartient l'honneur de la victoire. Mais, quand il s'agit de s'alarmer, vous ne vous laissez devancer par personne. Vous ne connaissez point le pouvoir des fortes paroles : ces mots souverains que prononçaient la République et l'Empire vous feraient éclater la mâchoire. Vous avez envoyé des notes suppliantes aux principales cours de l'Europe; devant ces souverains mal rassurés encore, vous avez renié votre liberté; vous l'avez déguisée en demoiselle; vous leur avez dit que ce n'éta'it point une liberté de peuple, mais une liberté bourgeoise, un être avorté auquel il ne pousserait jamais de dents pour déchirer la poudre, qu'on laisserait s'étioler à Tombre d'un comptoir, et qui n'était destiné qu'à faire des cornets ; que la charte conquise ne serait qu'une édition mal revue de la . harte octroyée ; que si vous vous étiez rais à la tête de la révolution, c'était pour en réprimer le mouvement, et non pour l'accélérer; qu'on vous laissât faire, qu'aussitôt que vous seriez maîtres dans votre ciel , vous épancheriez de froides et continuelles pluies sur cet ardent élé qui venait de s'allumer parmi nous ; que vous l'envelopperiez de brumes épaisses et que vous en auriez bientôt fait une fin d'automne. En 93, la France, c'était'le soleil ; tant pis pour ceux qui ne voulaient pas la voir! et maintenant, planète éteinte, elle obtieul à peine la faveur d'être vue et