UNK CROIX DU PLIS
choses se fassent convenablement. J'étais, de n.:>n vivant, habitué aux entrées triomphales, et, parce que je suis mort, ce n'est pas une raison pour que je m'en passe. Tu vas faire construire de suite, par saint Joseph et ses charpentiers, un arc de triomphe au dessus de cette iiorte, et tu iras avertir tous les grands personnages du ciel que je suis ici, adn qu'ils viennent à ma rencontre. Il y a probablement là-haut une garde nationale : tu lui feras prendre les armes, et tu diras au commandant Michel qu'il veille à ce que ses hommes soient dans la meilleure tenue possible. S'il n'y avait point au ciel d'artillerie, tu prierais Dieu d'en faire fabriquer de suite une cinquantaine de pièces ; car, moi, quand j'entre quelque part, en ma qualité de prêtre , il me faut de la fumée de canon. Surtout, lu recommanderas à l'orateur qui doit me haranguer, de m'a ppeler ./Hortseigfne»r. Depuis que je suis évcque, j'ai pris le mot Monsieur dans une sainte aversion. Il doit y avoir, dans ton paradis, un certain juge de paix qui m'a appelé Monsieur Dufélre tout court; tu auras soin qu'il ne s'introduise point parmi le cortège.
« bi lu révoquais en duule ce que j'afllrme, voici divers numéros de VEcho de la IS'ièvre que j'ai apportés avec moi, ils t'en fourniront la preuve; et, au cas où tu pousserais la défiance jusqu'à douter de VEcho de la ISièvrc lui-même, appelle sainte Flavie, elle te dira qui je suis. »
Mais, aussi, sainl Pierre pourrait bien répondre à M. Dufélre : « Soldat d'Israël, je n'ai pas peur de tes armes noires; quant à les trophées, ils ne valent pas la peine que je les serre, ce sont de méchants morceaux de papier badigeonnés de mauvaises phrases par quelque porteur de soutane. Je ne connais pas VEcho de la IS'ièvrc, et, quant à la sainte Flavie, il n'est pas queslion d'elle sur le contrôle des bienheureux; mais si lu as la parole abondan'e et facile du sieur Dufélre, évêque de Nevers, prêche pendant trois jours sans cracher, sans te moucher, sur les franges d'jrgent de