‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 161 sur 340 · DU BAISER DE S AMYE · texte numérisé non relu

DU BAISER DE S AMYE

En la baisant, m'a dit: u Amy sans blasme, Ce seul baiser qui deux bouches embasme , Les arres sont du bien tant espéré. »

(]e mot elle a doulcement proféré Pensant du tout* appaiser ma grand flamme.

Mais le mien cueur adonc plus elle enflamme Car son alaine , odorant plus que basme . Souflloit le feu qu'Amour m'a préparé.

En la baisant.

Brief, mon esprit, sans congnoissance d'âme, Vivoit alors sur la bouche à ma dame Dont se mouroit le corps énamouré :

Et si sa lèvre eust guères demouré Contre la mienne , elle m'eust succé l'âme En la baisant.

Complètement.

102 (EUVRHS DE CLÉMENT MARUT.

UE CELirV QUI NE PENSE QU'eN s'aMTE.

Toutes les iiuyctz je ne pense qu'en celle Qui a le corps plus gent qu'une pucelle De quatorze ans, sur le poinct d'enrager: Et au dedans un g cueur, pour abréger, Autant joyeux qu'eust oncques damoyselle.

KUe a beau tainct, ung parler de bon zëlej Et le tétin rond comme une grozelle; >i*ay-je donc pas bien cause de songer Toutes les nuictz?

Touchant son cueur, je Tay en ma cordelle,= Et son mary n'a sinon le corps d^^lle. Mais toutesfois, quand il vouldra changer. PnMUJc le cij(Mjr; et, pour le soulager, J'auray pour moy le gent corps de la belle Toutes l(îs nuictz.

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