‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 19 sur 340 · I. Furtivement · texte numérisé non relu

I. Furtivement

iO ŒUVRES DE CLÉMENT MAROT.

Ton gentil cueur si haulteinent assis, Ton sens discret à meiTeille rassis, Ton noble port, ton maintien asseuré.

Ton chant si doulx, ton parler mesuré.

Ton propre habit qui tant bien se conforme Au naturel de ta tresbelle forme ; Brief, tous les dons et grâces et vertuz, Dont tes espritz sont ornez et vestuz.

Ne m'ont induict à t* offrir le service De mon las cueur plein d'amour sans malice. Ce fut» pour vray, le doulx traict de tes yeux, Et de ta bouche aulcuns* motz gracieux Qui de bien loing me vindrent faire entendre Secrètement qu'à m'aymer vouloys tendre.

Lors, tout ravy, pource que je pensay Que tu m'aymois, à t'aymer commença}; Et, pour certain, aynier je n'eusse sceu, Si de l'amour ne me fusse apperceu :

Car tout ainsi que flamme engendre flamme, Fault que m'amour par autre amour s'enflamme.

Et qui diroit que tu as faict la faine te Pour me donner d'amour aucune estraincte ,

Page 1