Quelques
ÉLÉGIES. n
Je dy que non , croyant que mocquerie
En si bon lieu ne peult estre chérie.
Ton cueur est droict, quoy qu'il soit rigoreux,
Et du mien, las, seroit tout amoureux,
Si ce n*estoit fascheuse deffiance
Qui à grand tort me pourchasse oubliance.*
Tu crains, pour vray, que mon affection
Soit composée avecques fiction.
Esprouve-moy. Quand m'auras esprouvé,
J'ay bon espoir qu*aultre seray trouvé.
Gommande-moy jusques à mon cueur fendre ;
Mais de t'aymer ne me vien point deffendre;
Plustost sera montaigne sans vallée,
Plustost la mer on voirra dessalée.
Et plustost Seine encontre mont ira,
Que mon amour de toy se partira.
Ha, cueur ingrat. Amour, qui vainq les princes. Ta dtet, cent foys, que pour amy me prinses! Mais quand il vient à cela t' inspirer, Tu prens alors peine à t'en retirer.
Ainsi Amour par toy est combatu; Mais garde bien d'irriter sa vertu ; Et si m'en croys, fais ce qu'il te commande; Car si sus toy de cholère il débande, 11 te fera, par adventure, aymer Quelcque homme sot, desloyal et amer.
Qui te fera mauldire la journée , De ce qu'à moy n'auras t'amour donnée.*
Pour fuyr donc tous ces futurs ennuys.
Ne me fuy point. A quel raison me fuys?