‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 285 sur 340 · CHANT DE FOLIE · texte numérisé non relu

CHANT DE FOLIE

L'ORIGINE DE VÏLLEMANOCHE.»

Les Pichelins , par le monde espanduz , Sont de si hault et si loing descenduz Qu'à peine a Ton sceu trouver la racine De ung rameau de si brave origine!

Mais Dieu voulant qu'ilz ne fussent périz, A resveillé les joyeux esperitz De Fung d'entre eulx, nommé Villemanoche, Qui tout ainsi que Ton rompt une roche Pour trouver Teau qui dessoubz est cachée . Ainsi a-il sa race tant cherchée , En se rompant entendement et corps, Qu'il l'a trouvé on livres tous d'accords. Livres! mais quelz? livres tresauten tiques, Vieux et usez de force d'estre antiques, Lesquelz il a à grand peine trouvez

1. Pasquier parle de ce persoiiuoge comme d*uii maniaqui* tout préorcupt^ de noblesse et de riches établisHsements , fort nain d^esprit et intelligent d'ailleurs.

352 ŒUVRES »« CLÉM^||^;|IAROT.

Leuz et releuz, volvez, et revolvez,* ^ Si vieux, de faict, les a voulu eslire

Que nul, fors luy, onpues' n'y sceut rien lire.

Il a trouvé ses grans pré»â^èsseurs Preux et hardys, comme leurs successeurs, Dont Tune part réside en Germanie, Et la pluspart plusieurs règnes manie.

Il a trouvé, à force de chercher.

Que ses parens sceurent si bien prescher, Non pas prescher, mais si bien harenguërent Qu'à nostre loy Infidèles rongèrent.

Et de ceulx-là on voit par conséquence Villemanoche avoir leur éloquence.

Car luy, estant vestu^de longue togue, Sçait harenguer tout ^ul en dialogue.

Et s'il avoit la robbé courte prise,' Lors on verroit qifil seroit d'entreprise,* Et qui plus est, semblable de prouesse A ses ayeulx, comme il est de sagesse.

Or est ainsi, hélas, qu il nous appert, Que par deçà ceste race se pert, Si cestuy-cy n'est joinct par mariage En noble lieu , qui seroit grand dommage.

0 Pichelin tu desserz qu'on t'allie En lieu royal! 0 superbe Italie

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