‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 286 sur 340 · MALADIE DE S'AMYE · texte numérisé non relu

MALADIE DE S'AMYE

Dieu , qui voulus le plus hault ciel laisser Et ta haultesse en la terre abbaisser, Là où donnas santé à niaintz et maintes, Vueilles ouyr de toutes mes complainctes Une sans plus ! Vueilles donner santé A celle-là par qui suis tourmenté.

Ta saincte voix en rÉvangile crie Que tout vivant pour ses ennemys prie, Guéris donc celle, ù médecin parfaict, Qui m'est contraire et malade me faict. Hélas, Seigneur, il semble, tant est belle. Que plaisir prins à la composer telle.

Ne souffre pas advenir cesi oultrage Que maladie efface ton ouvrage.

Son embonpoinct commence à se piisser, Jà* ce beau traict' conunence à s effacer, Et ces beaulx yeulx clers et resplendissans

1. Cette piècii est attribuée aussi ù Suiiit -Gelais. . 2. Déjà.

3. Faut -il voir uue faute d'impression pour tainct^ ou couiprendre que rbarmonie des belles lignes de ce visii^re coniuience à s'effacer, à disparaître î

Qui m*ont navré, deviennent languissans.

Il est bien vray que ceste grand beauté A desservy^ pour sa |rand cruaulté Punition, mais. Sire, à l'advenir Elle pourra plus doulce devenir.

Pardonne-luy, et fais que maladie N'ait point l'honneur de la faire enlaydie. Assez à temps viendra vieillesse pasle , Qui de ce faire a charge principale.

Et, cependant, si tu la maintiens sdne^ Ceulx qui verront sa beauté souveraine.

Béniront toy et ta fille Nature D'avoir formé si belle créature.

Et de ma part feray un beau cantique, Qui chantera le miracle autentique Que faict auras, admirable à chascun.

D'en guérir deux en n'en guérissant qu'un. Non que pour moy je lève au ciel la face; Non que pour moy prière je te face; Car je te doy supplier pour son bien Et je la doy requérir pour le mien.

i. M(:'rité.

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