DES PRINCIPALES DAMES DE PARIS
SUBSCRIPTION.
Clément Marot aux gentilz veaux Qui ont faict les Adieux nouveaux.
Satyriques trop envieux, Escrivans de plume lézarde,* ^ Vous avez faict de beaulx adieux ; 1^ feu sainct Antoine les arde !
Puis vostre langue se bazarde De semer que je les ay faictz; Ainsi le coulpable se garde.
Et rinnocent porte le faiz.
Si mentez-vous bien par la gorge.
Sur dames ne suis animé; Et ne sortit onc de ma gorge Un ouvrage si mal lymé; Et ne sera mien estimé
1, Rampante, basse.
ÉPITRBS. 41
Pour ceulx qui congûoissent ma veine :
Il est ung petit mal rimé, •;
Et la raison en est bien vaine.. . '!^tc
Et en cela plus sotz que fins Vous vous monstrez appertemenl; r.ar, pour bien veni^ voz finS|jjU Besongner falloit aultrement.
Si parlé eussiez seulement De six,* qui hayne m'ont voué.
On vous eust creu facilement , Et j'eusse le tout advoué.
Mais ung chascun juger peult bien Que parler ne vouldrois des femmes Qui ne m*ont offensé en rien.
Et qui n'eurent jamais diffames.
Et puis vous y meslés les dames Qui sçavent que suis leur servant; C'est tresmal entendu vos games.
Pour mettre voz chantz en avant.
Bien ne mal n'ay voulu escrire De tant honnestes daitioyselles, Et quand d'elles vouldrois rien dire.
Je ne ferois point faulx libelles; Plus tost leurs louenges tresbelles Diroys en mon petit sçavpir.
Pour acquérir la grâce d'elles, Que chascun mect peine d'avoir.
Dames, où n'y a que reprendre Et qui tenez l'honneur trescher, A moy ne vous en vueillez prendre,
1. Si vous m^eussiez fait parler seulement contre six femmes, etc.
4« ŒUVRKS DE CLÉMENT MAROÏ.
Oncques ne pensay d'y toucher.
Vueillez-vous doncques attacher Aux meschans et sotz blasonneurs,^ Qui n'ont sceu comment me fascher, SinoDjgi touchant voz honneui-s.
Deu^e' esjnjUe de six doigts, D'un œil liprs du 'chef arraché.
De membres aussi secz que boys.
D'un nez de fins clous attaché, De tout cela soit entaché, Qui d'aultres Adieux' a faict naistre!
Quand il sera ainsi marché* Il sera aysé à congnoistre.