PSEAUME XXXIII
Exnltate justi in Domino, rectos.
C'est un bel hymne, auquel le prophète invite d'entrée à célébrer le Toutpuissant, puis chante que tout est plein de sa bonté, récite ses merveilles, admoneste les princes de ne se fier en leurs forces, et que Dieu assiste à cculx qui le révèrent ; puis invoq;:o sa bonté.
Resvcillez vous, chascuu fidèle, Menez en Dieu joye orendroit, Louenge est trèsséante et belle En la bouche de l'homme droict.
Sur la doulce harpe
Pendue en escharpe
Le Seigneur louez ;
De luz, d'espinettes,
Sainctes chansonnetes
A son nom jouez.
Chantez de luy par mélodie, Nouveau vers, nouvelle chanson, Et que bien on la psalmodie A haulte voix et plaisant son.
Car ce que Dieu mande,
Qu'il dit et commande,
Est juste et parfaict ;
Tout ce qu'il propose,
CLEMENT MAROT
Qu'il faid et dispose, A fiance est faict
n ayme d'amour souveraine Que droict règne et justice ait lieu ; Quand tout est dict, la terre ett pleine De la grande bonté de Dieu.
Dieu par sa parole
Forma chascun pôle
Et ciel précieux ;
Du vent de sa bouche
Feit ce qui attouche,
Et orne les deulx.
Il a les grans eaux amassées En la mer comme en un vaisseau, Aux abysmes les a mussces Comme un trésor en un monceau.
Que la terre toute
Ce grand Dieu redoubte,
Qui feit tout de rien ;
Qu'il n'y ayt personne
Qui ne s'en estonnc
Au val terrien.
Car toute chose qu'il a dicte A esté faicte promptement :
L'obéissance aussi subite A esté que le mandement
Le conseil, l'emprise
Des gens il debrise
Et mect à l'envers;
Vaines et cassées
Il rend les pensées
Des peuples divers.
Mais la divine providence Son conseil sçait perpétuer ; Ce que son cueur une foys pense Dure à jamais sans se muer.
--.-■ PSAUMES
O gent bicnhcurcc Qui toute asseurée, Pour son Dieu le tient !
Heureux le lignage Que Dieu en partage Choisit et retient !
Le Seigneur éternel regarde Icy bas du plus hault des cieulx ; Dessus les humains il prend garde Et les veoit tous devant ses yeulx.
De son throne stable,
Paisible, équitable.
Ses clairs yeulx aussi
Jusqu'au fons visitent
Tous ceulx qui habitent
En ce monde icy.
Car luy seul, sans autruy puissance, Forma leurs cueurs telz qu'ilz les ont : C'est luy seul qui a cognoissance Quelles toutes leurs œuvres sont
Nombre de gensdarmes
En assaulx n'allarmes
Ne saulvent le Roy ;
Bras ny hallebarde
L'homme fort ne garde
De mortel desroy,
Ccluy se trompe qui cuyde estrc Sauvé par cheval bon et fort : Ce n'est point par sa force adextre Que l'homme eschapc un dur effort.
Mais l'œil de Dieu veille
Sur ceulx, à merveille,
Qui de volunté
Crainctifz le révèrent,
Qui aussi espèrent
En sa grand' bonté,
CLEMENT MAROT
Affin que leur vie il délivre
Quand la mort les menacenit
Et qu'il leur donne de qnoy vivre
Au temps que famine senu
Que doncques nostre ame
L'Eternel reclame,
S'attendant à luy :
Il est nostre adresse,
Nostre forteresse,
Pavoys et appuy.
Et par luy grand' resjouyssance Dedans nos cueurs tousjours aurons, Pourvcu qu'en la haulte puissance De son nom sainct nous esperona.
Or ta bonté grande
Dessus nous s'espande,
Nostre Dieu et Roy,
Tout ainsi qu'entente,
Espoir et attente
Nous avons en toy.
PSEAUME LXXn
Deus, judicium tuum régi da.
Il prie que le règne de Dieu advienne par Jésus Christ, propheiisani l'estendue, Tequité, félicité et longue durée d'iceluy règne, le tout soubz la figure de celuy de Salomon.
Tes jugementz, Dieu véritable.
Baille au Roy pour régner, Vueilles ta justice équitable
Au filz du Roy donner
D tiendra ton peuple en justice,
Chassant iniquité :
A tes povres sera propice,
Leur gardant équité.
" ■ » ■ ■ - — 152 ■ ■ I ■■ m, • es
PSAUMES
Les peuples verront aux montaignes La paix croistre et meurir,
Et par costaux et par campaignes La justice fleurir.
Ceulx du peuple estant en destresse L'auront pour deffenseur,
Les povres gardera d'oppressé.
Reboutant l'oppresseur.
Aussi un chascun et chascune,
O Roy, t'honorera, Sans fin, tant que soleil et lune
Au monde esclairera.
Il vient comme pluyc agréable Tombant sur prez fauchez,
Et comme rousée amyable Sur les terroirs séchez.
Luy régnant, floriront par voye
Les bons et gracieux, Et longue paix, tant qu'on ne voyc
De l'une plus aux cieulx.
De l'une mer large et profonde
Jusques à l'autre mer.
D'Eufrates jusqu'au bout du monde,
Roy se fera nommer.
Ethiopes viendront grand'erre
Se cliner devant luy.
Ses hayneux baiseront la terre
A l'honneur d'iceluy.
Roy s d'islcs et de la mer creuse
Viendront à luy presens, Et roys d'Arabie l'heureuse.
Pour luy faire présents.
CLEMENT MAROr .^^
Tous autres Roys viendront tant double
A luy s'humilier, Et le vouldra nation toute
Servir et supplier.
Car délivrance il donra bonne
Au povre à luy plorant.
Et au chetif, qui n'a personne
Qui luy soit secourant
Aux calamiteux et plorables
Sera douLx et piteux :
Sauvajit les vies misérables
Des povrcs souffreteux.
Les gardera de violence
Et dol pernicieux.
Ayant leur sang, par sa clémence,
Moult cher et précieux,
Chascun vivra ; l'or Arabique
A tous départira, Dont sans fin roy tant magnifique
Par tout on bénira.
De peu de grains force blé ; somme,
Les espys chascun an Sur les montz bruyront en l'air, comme
Les arbres de Lyban.
Florira la tourbe civile
De bourgeois et marchans, Multiplians dedans la ville
Comme herbe par les champs.
Sans fin bruyra le nom et gloire
De ce roy nompareil ; De son renom sera mémoire
Tant qu'y aura soleil.
PSAUMES
Toutes nations assearées Soubz roy tant valeureux,
S'en iront vantant bienheurées, Et le diront heureux.
Dieu, le Dieu des Israélites, Qui sans secours d'aucun
Faict des merveilles non petites, Soit loué de chascun.
De sa gloire très accomplie
Soit loué le renom, Soit toute la terre remplie
Du haut de son nom.
Amen.