‹ ŒuvresChapitre 47 sur 56 · PSEAUME XXXIII · texte numérisé non relu

PSEAUME XXXIII

Exnltate justi in Domino, rectos.

C'est un bel hymne, auquel le prophète invite d'entrée à célébrer le Toutpuissant, puis chante que tout est plein de sa bonté, récite ses merveilles, admoneste les princes de ne se fier en leurs forces, et que Dieu assiste à cculx qui le révèrent ; puis invoq;:o sa bonté.

Resvcillez vous, chascuu fidèle, Menez en Dieu joye orendroit, Louenge est trèsséante et belle En la bouche de l'homme droict.

Sur la doulce harpe

Pendue en escharpe

Le Seigneur louez ;

De luz, d'espinettes,

Sainctes chansonnetes

A son nom jouez.

Chantez de luy par mélodie, Nouveau vers, nouvelle chanson, Et que bien on la psalmodie A haulte voix et plaisant son.

Car ce que Dieu mande,

Qu'il dit et commande,

Est juste et parfaict ;

Tout ce qu'il propose,

CLEMENT MAROT

Qu'il faid et dispose, A fiance est faict

n ayme d'amour souveraine Que droict règne et justice ait lieu ; Quand tout est dict, la terre ett pleine De la grande bonté de Dieu.

Dieu par sa parole

Forma chascun pôle

Et ciel précieux ;

Du vent de sa bouche

Feit ce qui attouche,

Et orne les deulx.

Il a les grans eaux amassées En la mer comme en un vaisseau, Aux abysmes les a mussces Comme un trésor en un monceau.

Que la terre toute

Ce grand Dieu redoubte,

Qui feit tout de rien ;

Qu'il n'y ayt personne

Qui ne s'en estonnc

Au val terrien.

Car toute chose qu'il a dicte A esté faicte promptement :

L'obéissance aussi subite A esté que le mandement

Le conseil, l'emprise

Des gens il debrise

Et mect à l'envers;

Vaines et cassées

Il rend les pensées

Des peuples divers.

Mais la divine providence Son conseil sçait perpétuer ; Ce que son cueur une foys pense Dure à jamais sans se muer.

--.-■ PSAUMES

O gent bicnhcurcc Qui toute asseurée, Pour son Dieu le tient !

Heureux le lignage Que Dieu en partage Choisit et retient !

Le Seigneur éternel regarde Icy bas du plus hault des cieulx ; Dessus les humains il prend garde Et les veoit tous devant ses yeulx.

De son throne stable,

Paisible, équitable.

Ses clairs yeulx aussi

Jusqu'au fons visitent

Tous ceulx qui habitent

En ce monde icy.

Car luy seul, sans autruy puissance, Forma leurs cueurs telz qu'ilz les ont : C'est luy seul qui a cognoissance Quelles toutes leurs œuvres sont

Nombre de gensdarmes

En assaulx n'allarmes

Ne saulvent le Roy ;

Bras ny hallebarde

L'homme fort ne garde

De mortel desroy,

Ccluy se trompe qui cuyde estrc Sauvé par cheval bon et fort : Ce n'est point par sa force adextre Que l'homme eschapc un dur effort.

Mais l'œil de Dieu veille

Sur ceulx, à merveille,

Qui de volunté

Crainctifz le révèrent,

Qui aussi espèrent

En sa grand' bonté,

CLEMENT MAROT

Affin que leur vie il délivre

Quand la mort les menacenit

Et qu'il leur donne de qnoy vivre

Au temps que famine senu

Que doncques nostre ame

L'Eternel reclame,

S'attendant à luy :

Il est nostre adresse,

Nostre forteresse,

Pavoys et appuy.

Et par luy grand' resjouyssance Dedans nos cueurs tousjours aurons, Pourvcu qu'en la haulte puissance De son nom sainct nous esperona.

Or ta bonté grande

Dessus nous s'espande,

Nostre Dieu et Roy,

Tout ainsi qu'entente,

Espoir et attente

Nous avons en toy.

PSEAUME LXXn

Deus, judicium tuum régi da.

Il prie que le règne de Dieu advienne par Jésus Christ, propheiisani l'estendue, Tequité, félicité et longue durée d'iceluy règne, le tout soubz la figure de celuy de Salomon.

Tes jugementz, Dieu véritable.

Baille au Roy pour régner, Vueilles ta justice équitable

Au filz du Roy donner

D tiendra ton peuple en justice,

Chassant iniquité :

A tes povres sera propice,

Leur gardant équité.

" ■ » ■ ■ - — 152 ■ ■ I ■■ m, • es

PSAUMES

Les peuples verront aux montaignes La paix croistre et meurir,

Et par costaux et par campaignes La justice fleurir.

Ceulx du peuple estant en destresse L'auront pour deffenseur,

Les povres gardera d'oppressé.

Reboutant l'oppresseur.

Aussi un chascun et chascune,

O Roy, t'honorera, Sans fin, tant que soleil et lune

Au monde esclairera.

Il vient comme pluyc agréable Tombant sur prez fauchez,

Et comme rousée amyable Sur les terroirs séchez.

Luy régnant, floriront par voye

Les bons et gracieux, Et longue paix, tant qu'on ne voyc

De l'une plus aux cieulx.

De l'une mer large et profonde

Jusques à l'autre mer.

D'Eufrates jusqu'au bout du monde,

Roy se fera nommer.

Ethiopes viendront grand'erre

Se cliner devant luy.

Ses hayneux baiseront la terre

A l'honneur d'iceluy.

Roy s d'islcs et de la mer creuse

Viendront à luy presens, Et roys d'Arabie l'heureuse.

Pour luy faire présents.

CLEMENT MAROr .^^

Tous autres Roys viendront tant double

A luy s'humilier, Et le vouldra nation toute

Servir et supplier.

Car délivrance il donra bonne

Au povre à luy plorant.

Et au chetif, qui n'a personne

Qui luy soit secourant

Aux calamiteux et plorables

Sera douLx et piteux :

Sauvajit les vies misérables

Des povrcs souffreteux.

Les gardera de violence

Et dol pernicieux.

Ayant leur sang, par sa clémence,

Moult cher et précieux,

Chascun vivra ; l'or Arabique

A tous départira, Dont sans fin roy tant magnifique

Par tout on bénira.

De peu de grains force blé ; somme,

Les espys chascun an Sur les montz bruyront en l'air, comme

Les arbres de Lyban.

Florira la tourbe civile

De bourgeois et marchans, Multiplians dedans la ville

Comme herbe par les champs.

Sans fin bruyra le nom et gloire

De ce roy nompareil ; De son renom sera mémoire

Tant qu'y aura soleil.

PSAUMES

Toutes nations assearées Soubz roy tant valeureux,

S'en iront vantant bienheurées, Et le diront heureux.

Dieu, le Dieu des Israélites, Qui sans secours d'aucun

Faict des merveilles non petites, Soit loué de chascun.

De sa gloire très accomplie

Soit loué le renom, Soit toute la terre remplie

Du haut de son nom.

Amen.

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