‹ ŒuvresChapitre 54 sur 56 · COLIN · texte numérisé non relu

COLIN

Berger Thenot, je suis esmerveillé De tes chansons, et plus fort je m'y baigne Qu'à escouter le linot es veillé, Ou l'eau qui bruyt tombant d'une moutaigne.

Si au matin Calliope te gaigne, Contre elle au soir obtiendras le butin ;

CLÉMENT MAPOT

Ou h'iI advient que tant noble conipai|^iic Te i^aigne au soir, tu vaincra au matin.

Or je te pry, tandis que mon mastin Fera bon guet, et que je feray paifttre Noz deux troupeaux, chante un peu de Catin, En dcschiffraut son bel habit champestre.

THKNOT

Le rossignol de chanter est le maistre : Taire convient devant luy les piver» ;

Aussi, estant là où tu pourras estre, Taire feray mes chalumeaux divers.

Mais si tu veulx chanter dix foy» dix vers, En déplorant la bergère Loysc, Des coingz auras six jaunes et six vcrtz. Des mieulx sentans qu'on veit depuis Moyse.

Et si tes vers sont d'aussi bonne mise Que les derniers que tu feis d'Ysabcau, Tu n'auras pas la chose qu'ay promise, Ains beaucoup plus, et meilleur et plus beau.

De moy auras nn double chalumeau, Faict de la main de Raffy Lyonnois, Lequel à peine ay eu pour un chevreau Du bon pasteur Michau, que tu congnois.

Jamays encor n'en sonnay qu'une foys.

Et si le garde aussi cher que la vie ; Si l'auras tu de bon cueur toutesfoys, Faisant cela à quoy je te convie.

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