LIVRE 11, CHAPITRE V
Partant de Boui^es, vint à Orléans, et là trouva force rustres d'escoliers, qui luy firent grand chère à sa venue; et en peu de temps apprit avec eux à jouer à la paulme, si bien qu'il en estoit maistre. Car les estudians dudit lieu en font bel exercice, et le menoient aucunesfois es isles pour s'esbatre au jeu du poussavant. Et, au regard de se rompre fort la teste à estudier, il ne le faisoit mie, de peur que la veue ne luy diminuast. Mesmement que un quidam des regens di- ,soit souvent en ses lectures qu'il n'y a chose tant contraire à la veue comme est la maladie des yeulx. Et quelque jour que Ton passa licentié en loix quelqu'un des escoliers de sa cognoissance, qui de science n'en avoit gueres plus que sa portée, mais en recompense savoit fort bien danser et jouera la paulme, il fit le blason et devise des licenciés en ladite université, disant :
Un esteuf * en la braguette, En la main une raquette, Une loy en la cornette, Une basse danse au talon , Voy vous là passé coquillon '.
jas lui-même, ont traité Âccurse des écoliers (xvi* siècle) disait :
avec plus d^égards que Rabelais.
* Balle de paume.
' C'est-à-dire passé maître, suivant Le Ducbat, de cucullio ou de coqitille, pour désigner le bonnet de docteur. La Chanson
C'est la façon des jf.uaes escoliers D'eslre amoureux : ilx le sont volunliers ;
Par leur beau parler
\\i se font aimer
Des dames en tous lieux ,
Et de danser legier
lit sont délibérés,
Maugrc tous envieux.