LIVRE I, CHAPITRE I
En iceluy fut la dite généalogie trouvée , fiscrite au long de lettres cancelleresques *, non en papier^ non en parchemin^ non en cere ^; niais en escorce d'ulmeau ^^ tant toutesfois usées par vétusté qu'à peine en pouvoit on trois recognoistre de rang.
Je (combien que indigne) y fus appelle; et^ à grand renfort de bezicles^ pratiquant Tart dont on peut lire lettres non apparentes^ comme enseigne Aristoteles^ la translatay ^, ainsi que voir pourrez, es pantagruelisants*, c'est à dire, beuvans à g^, et lisans les gestes horrifiques de Pantagruel. A la fin du livre estoit un petit traieté intitulé Les Fan/rektches aniidotées. Les rats et blattes ^ ou (afin que je ne mente) autres maKgnes bestes avoient brousté le commencement :ie reste j'ay cy dessous adjousté, par révérence de Tantiquaille '.
assemblage de mois n'était pas sans charmes pour les oreilles de nos ancêtres. Grosnet a dit aussi :
Pour raitjoair le grant, gna, gros et menu. Les derniers moCs de la phrase ont été imités par Régnier, dîans sa dixième satire:
Il fleuroit bien plusfort, OkaiB non pas mieux [que roses.
* De chancdlerie.
* Cire. Cyre, édit. de Dolet.
' Ormeau.
* La traduisis. En patois poitevin, ttinlàtif;th Bn%\ais,$ran8laied,
^ Des éditions portent : en pantagruelUant; d'autres : eê (aux) pantagruelisauts. C'est à peu près le même sens.
* Blatta, mitte qui ronge le drap et le papier.
' M. de Laborde < Gîoês. dei émaux) constate qu'au commencement du xTi* siècle ce mot était en usage, dans son acception sérieuse.
Nous l'avons en effet trouvé souvent pris dans le sens d'eMUqui- Us. Rabelais l'emploie encore ainsi à la page 35.